Golk Podcast avec Steph Cruchon

Podcast Golk #11 - Steph Cruchon nous parle de design sprint et d'entrepreneuriat

Golk est un Podcast dédié à l’innovation et l’entreprenariat en Suisse romande. Enregistré au calme, dans un joli appartement en lisière de forêt.

Dans cet épisode Steph se livre sur le design sprint, un retour d’expérience de 7 années passées dans l’innovation, et parle de la genèse de notre nouveau produit, les médailles Patrimoine Genius Loci.


Steph Cruchon - UXYZ

Podcast UXYZ - Le secrets d'un design sprint réussi

Hosté par Pierre Hayon et Mehdi En-Naizi
Invité Steph Cruchon de Design Sprint Ltd

Pierre Hayon et Mehdi En-Naizi sont des spécialistes du design sprint en France. Avec Stéph, ils plongent en détail sur des sujets pointus liés à la pratique du design sprint.

  • Format, nombre de jour
  • En personne / remote / hybride
  • Icebreakers et teambuilding
  • Les émotions lors d’un sprint
  • Gérer des participants difficiles
  • Souvenirs de sprint et anecdotes


Podcast Design + Steph Cruchon et Laurent Gallen

Podcast Design + Urgence climatique, comment s’engager comme Designer ?

Hosté par Laurent Gallen
Invité Steph Cruchon de Design Sprint Ltd

Dans cette longue conversion de près d’1h30 avec Laurent Gallen, Stéph revient sur son rôle de Designer.

Sujets abordés:

  • Le rôle des Designers
  • Le design sprint
  • convaincre les Gatekeepers à innover
  • Les pouvoir magiques des designers
  • Le potentiel de l’UX et du service design dans la résolution de problèmes complexes
  • L’attitude des entreprises et du public
  • Le rôle de l’état lors des crises
  • Facilitation de workshops citoyens
  • Comment les rôles du digital: Product Owner, Designers… trouvent leur place dans des « startups d’état »
  • et bien plus encore!


Design Sprint on top of mountains

Design Sprint, guide dans l'innovation

Design Sprint Ltd

Comme le ferait un guide de haute montagne, ce workshop intense de 5 jours vous ouvre la voie dans le chemin souvent tortueux et brumeux de l’innovation. 

Design Sprint on top of mountains

Quand vous partez attaquer un sommet, vous engagez un guide expérimenté, et vous choisissez attentivement votre matériel. Vous savez que ce genre d’excursion n’est pas sans danger.

Et vous devriez faire même pour aborder d’une manière sereine l’innovation dans votre entreprise! 

C’est le principe de toute solution innovante; de ne pas exister au départ, et de nécessiter un long cheminement pour se révéler.

Le Design Sprint, mené par un Facilitateur, propose une méthodologie centrée autour de l’utilisateur pour parcourir ce long chemin vers l’innovation. Avec une démarche claire et précise le Design Sprint permet trouver des solutions nouvelles, dans un monde complexe en quelques jours seulement. C’est aussi une occasion pour une équipe de développer de nouvelles manières de travailler et un nouvel état d’esprit. 

  

Innover et trouver des solutions : le défi des organisations

  • Quelles seront les besoins de nos clients dans 2 ans ? 
  • Quelles idées doit-on creuser d’ici 6 mois pour les mettre sur le marché l’année prochaine ? 
  • Qu’est-ce qui pourrait impacter positivement la vie de nos clients aujourd’hui 

Le monde actuel VUCA offre de moins en moins de place à la routine. Le changement est partout et il peut venir très rapidement. Un nouvel acteur peut faire son apparition et chambouler complètement un marché. Une pandémie peut secouer l’existence de presque chaque être humain sur cette planète. Les questions environnementales peuvent (enfin) commencer à être considérées. Ou tout simplement, les habitudes des consommateurs peuvent changer. 

  

Peu d’organisations savent par où empoigner ces problèmes, ces questions, ces opportunités et ces besoins que même les clients existants n’arrivent pas à exprimer clairement. Répondre à cette complexité, nécessite d’explorer, d’avoir des idées, d’anticiper le futur. C’est essentiel pour comprendre ce qui a des chances de fonctionner avec les clients, et donc pour savoir où mettre les ressources. 

  

Innover – c’est de ça qu’il s’agit – demande un état d’esprit particulier, une capacité de changement, un rythme, des pratiques et des compétences, mais aussi du temps, des moyens et du soutien des décideurs. Mais les organisations n’ont généralement pas la capacité de le faire par elles-mêmes pour différentes raisons.  

  

  1. Efficaces, mais rigides : Avec des années ou des décennies d’expérience dans leur domaine, des équipes souvent compétentes, et des outils et processus optimisés, les organisations sont souvent bien outillées lorsqu’il s’agit de délivrer de la valeur pour leurs clients ou usagers existants. D’exploiter l’existant.  Cependant, cette efficacité entraîne souvent aussi une certaine rigidité qui empêche d’envisager d’autres processus, d’explorer d’autres services ou produits et de répondre aux changements rapides.
  2. Le nez dans le guidon : Beaucoup d’organisations opèrent également dans un état d’urgence permanent, focalisées sur l’immédiat, le quotidien, les solutions et les bénéfices rapides. Cette condition de « nez dans le guidon » ne donne ni le temps, ni l’espace mental pour anticiper, développer des réflexions et nourrir des idées pour les grands défis à venir.
  3. Trop de hiérarchie : Le management et la hiérarchie dans la plupart des organisations est également souvent un frein au changement et à l’innovation. Ce modèle de fonctionnement « top-down » amène certaines personnes à prendre des décisions, sans toujours connaître la réalité du terrain. En dessous, toute une chaîne de mise œuvre se termine par la personne en contact avec les clients qui délivre un service, tout en sachant qu’il pourrait être éminemment meilleur ou plus efficace.
    Une telle culture d’entreprise empêche la remise en question des décisions et empêche de faire remonter les besoins des utilisateurs et les propositions des collaborateurs pour améliorer ces services.
  4. Enfin, de manière générale, l’être humain à l’âge adulte, est rarement équipé pour imaginer des solutions à de nouveaux défis, à sortir de son cadre habituel, à voir la réalité sous un angle nouveau et plus encore à envisager ce qui pourrait fonctionner dans le futur. Avec le temps, un biais s’installe, on voit le monde de manière très limitée, à travers le prisme de nos propres expériences passées. 

  

Les organisations sont souvent conscientes de ces limitations, de la nécessité de changement dans les pratiques et de leurs difficultés à le faire par elles-mêmes. Elles font alors appel à des ressources externes. Elles se tournent vers des experts en changement, des cabinets de consultants en management ou des agences marketing et communication.  

Il y existe une multitude de méthodes, souvent basées sur l’analyse de “trends”, le benchmark des concurrents, des études de marché ou des sondages… Une avalanche de chiffres, de graphiques. Cela prend souvent beaucoup de temps, demande des moyens considérables. Et même avec ça, il n’y a pas de garanties de résultats concrets, immédiatement actionnables. On a juste ajouté à la confusion.  

Il faut amener de la clarté dans le processus d’innovation, et c’est la mission des designers.  

La proposition claire et simple du Design Sprint

Pour répondre aux besoins d’innovation, tout en réduisant les risques, les incertitudes et la complexité liée au changement, le Design Sprint est devenu une méthode de référence. Cette approche propose une recette précise avec des étapes minutées sur 5 jours qui créent l’état d’esprit, le rythme et les pratiques amenant des équipes de tous types d’organisations à « résoudre des problèmes et trouver de nouvelles idées ». Elle apporte également un changement profond dans la culture d’entreprise et les pratiques par l’expérimentation d’un mode de fonctionnement radicalement différent. 

  

Le Design Sprint a été développé à Google Ventures, l’incubateur de startups de Google. Jake Knapp, et John Zeratsky et Braden Kowitz, des designers, y ont accompagné des dizaines de projets d’une grande diversité. Ils ont profité de ce cadre unique pour affiner la méthode, la systématiser et la valider comme un moyen assuré d’obtenir, au bout de cinq jours, un prototype et des retours d’utilisateurs. 

 Depuis la parution de leur livre SPRINT, Résoudre les problèmes et trouver de nouvelles idées en cinq jours, la méthode a été appliquée par des milliers d’entreprises, collectivités ou startups, sur toutes sortes de défis et dans des contextes très variés. 

Design Sprint workshop at Whitepod

Avec nos design sprints à Whitepod hotel, on prend le concept de « sprint en haute montagne » plutôt littéralement!

Une carte très précise du chemin pour arriver à une destination qui n’existe pas au départ 

Le Design Sprint est certainement la méthode d’innovation la plus codifiée, cadrée et structurée et aide à naviguer relativement confortablement vers cette inconnue. Chaque étape, chaque exercice a sa place, sa fonction et sa raison d’être et doit être déroulé minutieusement pour produire les résultats du sprint. Voici le cadre en quelques points :  

  

  • 6-8 personnes avec des profils divers : 6 à 8, c’est le bon nombre de personnes idéal pour participer au Sprint. Plus empêcherait un fonctionnement fluide et moins n’apporterait pas assez de diversité. Ces personnes doivent avoir de profils diversifiés et sont donc souvent issues de différentes parties de l’organisation. Ceci a principalement pour but de multiplier les points de vue sur le sujet du Design Sprint. Cette équipe va être mobilisée pour toute la durée du workshop. 

  

  • 5 jours de workshop : Le Design Sprint commence le lundi matin et se termine le vendredi en fin de journée. Une semaine, c’est le temps nécessaire pour dérouler toutes les étapes de la méthode. Cela peut paraître long quand on pense aux personnes à mobiliser, mais c’est en fait assez court quand on sait qu’il y a des résultats concrets le vendredi soir, très souvent ce qui est accompli durant ces 5 jours aurait pris des mois de réunion à un rythme “normal”. Lors de cette semaine, l’équipe est entièrement dédiée au sprint et tout est fait pour ne pas disperser son attention.  

  

  • Pas de réunions, pas de téléphones portables, pas d’ordinateurs pendant le workshop : Le processus du Design Sprint et l’innovation en général nécessite de l’espace mental et de l’énergie. Libérés des réunions, des urgences du quotidien de l’organisation permettra aux participants de plonger réellement dans le sujet, d’être totalement immergée dans l’énorme quantité d’informations, et de se laisser emporter par une énergie créatrice. La configuration du Design Sprint laisse néanmoins quelques moments libres (le matin ou en fin de journée) pour envoyer quelques emails et gérer les impondérables.
      
  • Un problème, un challenge important à résoudre : La méthode du Design Sprint produit les meilleurs résultats lorsqu’elle est appliquée à des problématiques avec des enjeux forts et un grand degré d’incertitude. C’est là qu’il y a le plus de potentiel de découverte et de changement. C’est aussi avec des sujets importants que l’équipe et les décideurs seront plus impliqués et prêts à remettre en question leurs certitudes. Enfin, la limite temporelle de 5 jours incite à tester des idées innovantes parfois “out of the box”, sans engendrer trop de risques.  

  

  • Faire confiance à la méthode : La réaction presque universelle à tout cadre ou recette très précise, est de chercher des raccourcis ou de sauter des étapes. On est tenté de prendre certains éléments du Design Sprint, d’en laisser d’autres de côté et surtout de réduire le nombre de jours que prend l’ensemble du processus. Mais la méthode a été validée sur des centaines de projets d’innovation, et c’est dans son intégralité qu’elle assure les résultats. 

  

  • Un état d’esprit ouvert et constructif : Le Design Sprint, grâce à son fonctionnement et à son rythme, est une expérience qui sort de la routine de projet. Dans le prolongement de la confiance dans la méthode, il est donc nécessaire que les participants viennent au workshop avec un esprit ouvert, un appétit pour l’expérimentation, une volonté de travailler en équipe, une envie d’apprendre et parfois de remettre en question leurs présupposés.
      
  • Enfin, tout cela ne serait pas possible sans un fort soutien et une volonté claire de la part de décideurs dans l’organisation. Cette implication se manifeste dans l’allocation de l’équipe au sprint durant 5 jours et aussi dans leur éventuelle participation aux moments clés du sprint. C’est un signal fort qui marque l’importance de l’enjeu pour l’organisation. Ça marque aussi la volonté de tester de nouvelles choses et de changer de mode de fonctionnement habituels.  

  

Ce cadre très clair, ces “règles du jeu” éprouvées, en plus de l’expérience du Facilitateur, font la force du Design Sprint par rapport à d’autres méthodes d’innovations ou d’autres formes d’accompagnement. C’est ce qui garantit des résultats concrets et une vraie dynamique d’équipe au bout des 5 jours. 

Steph Cruchon flying like an eagle

Steph Cruchon le facilitateur en pleine explications lors d’un design sprint (aucune idée sur ce qu’il était en train de dire)

5 jours d'atelier, bien différents

Le lundi est dédié à découvrir la problématique sur laquelle l’équipe va travailler pour toute la semaine. Les participants vont en faire le tour et l’examiner sous tous les angles. Ils vont aussi prendre du recul pour comprendre la problématique dans son contexte et engranger le plus de connaissances sur le sujet dans ses différentes dimensions. Des experts peuvent notamment être invités à des moments de cette journée pour éclairer l’équipe sur des points de détails et pour répondre à des questions. Des « exercices » permettront de capturer tous ces éléments, de les mettre en forme et d’identifier les points précis qui « appellent » une innovation, les opportunités. Les besoins des utilisateurs et la réalité du terrain sont au cœur de l’approche. 

Le mardi est jour d’inspiration et d’effervescence créative. Guidés par le facilitateur, les participants génèrent une multitude de solutions grâce à des techniques qui débranchent progressivement l’esprit rationnel et critique pour permettre à des idées originales de se construire et d’émerger. Même si cette journée se passe en groupe, elle n’implique que très peu d’interactions. L’esprit est plutôt au bouillonnement intérieur et aux gribouillis rapides. Ceci permet à chacun de plonger encore mieux dans l’expérience, sans avoir à justifier ou défendre ses idées.  

Le mercredi, le produit de la veille est mis en commun. Le groupe examine les solutions et avec une technique de classification. Ils sélectionnent celles qui leur semblent porter un potentiel particulier pour répondre à la problématique tout en étant réalisables. Les solutions sélectionnées sont ensuite distillées et affinées. La journée se termine avec un plan d’action de mise en œuvre la ou les solutions qui guidera les activités du lendemain.   

Le jeudi, la solution devient réalité sous la forme d’un prototype. Avec des moyens très limités, un designer va amener l’équipe à réaliser un modèle fonctionnel de la solution imaginée. Cet exercice va permettre dans un premier temps de matérialiser l’idée et ainsi de la découvrir dans la réalité. Ceci permettra probablement de réaliser encore de nouvelles choses à son sujet. La création d’un prototype va aussi enthousiasmer l’équipe et lui donner la sensation d’être arrivée à réellement faire quelque chose en si peu de temps. C’est le premier résultat tangible du Design Sprint. 

Le vendredi, le prototype est mis entre les mains de testeurs. Le but est de voir comment les utilisateurs de la solution réagissent à la proposition. Avec un protocole de tests et beaucoup d’observation, l’équipe recueillera une multitude de données sur la solution et les réactions qu’elle provoque chez l’utilisateur. Ce sera l’occasion de confirmer ou d’infirmer des hypothèses, de répondre à des questions et peut-être aussi de découvrir des aspects ignorés ; soit sur la solution elle-même, soit sur les besoins des utilisateurs. C’est le deuxième résultat tangible qu’apporte le Design Sprint. 

Des résultats, une ouverture sur le futur et une ouverture d'esprit

Le vendredi en fin de journée, le sprint est donc terminé. L’équipe a parcouru un chemin immense et a produit 2 résultats concrets : un prototype et des retours d’utilisateurs. C’est en fait comme si l’équipe s’était projetée plusieurs mois ou années dans le futur pour voir ce que donnerait le produit ou le service développé en 4 jours. Il se peut que les retours des utilisateurs démontrent que l’idée n’est pas bonne et que le prototype n’a pas d’avenir. Même dans ce cas, ces 5 jours auront été très positifs. Ils auront permis de démontrer que l’idée sur laquelle on s’apprêtait à investir beaucoup de temps et d’argent, n’était en fait pas viable. Souvent aussi, quelques éléments du prototype, quelques hypothèses sont confirmées et d’autres démontrent ne pas avoir de sens. On découvre aussi des choses que l’on n’avait pas du tout vues avant. Cela apporte à l’équipe une connaissance pointue des utilisateurs et de nouvelles idées.   

À la toute fin du sprint, l’équipe et surtout le décideur choisiront les orientations à poursuivre à la lumière de toutes ces nouvelles connaissances. 

  

En plus des résultats effectifs du sprint, les participants bénéficieront aussi beaucoup de l’immersion dans de nouveaux modes de fonctionnement plus collaboratifs et d’un nouvel état d’esprit plus agile, pour approcher les défis.  

  

Travailler en équipe multidisciplinaire et sans trop de hiérarchie : Issus de différents domaines de l’organisation, l’équipe aura appris à travailler ensemble d’une manière totalement différente. Le sprint apprend notamment à fonctionner de manière horizontale, même s’il y a une personne (le / la Décideur-euse) qui a l’autorité de décider en dernier recours. Le fonctionnement de l’équipe dans le sprint et les processus de décisions claires, avec les gommettes par exemple donnent, une place et une voix à chacun et permet de valoriser les idées plutôt que la position. 

  

Prendre le temps de comprendre : En décortiquant la question de départ, en écoutant les avis d’experts et en se projeter dans le futur pour formuler une situation idéale, l’équipe aura appris à examiner la problématique dans toutes ses dimensions. Ils auront aussi appris à ne pas chercher directement à trouver des solutions et à sauter aux conclusions. 

  

Aller vite : Le Design Sprint demande de consacrer du temps – une semaine entière – mais paradoxalement, tout va très vite. En passant d’une étape à une autre et en voyant les composants du Sprint prendre forme les uns après les autres, les participants expérimenteront qu’il est possible de parcourir un très grand chemin en quelques jours seulement. Ils expérimenteront également une variante du concept 20/80 de Pareto, où passer 20% du temps sur une question permet d’arriver à 80% des résultats, ce qui est amplement suffisant pour le Sprint qui cherche à aller à l’essentiel. 

  

Un autre niveau de concentration : En parallèle au rythme très rapide du Sprint, l’équipe aura également pu expérimenter des états de concentration peu habituels. En étant extrait du déroulement standard des opérations réparti entre réunions et traitement d’e-mails, chaque participant peut se consacrer entièrement au sujet à traiter. La structure très claire de la semaine de Sprint qui ne laisse pas non-plus la place pour se poser des questions logistiques et d’organisation. Ceci leur aura permis de se rendre compte de la différence d’efficacité et des avancées réalisées dans ces conditions et de l’intérêt de procéder avec méthode. 

  

Le pouvoir de l’image : En travaillant principalement de manière visuelle, avec des croquis, des schémas de parcours client, des images, des storyboards et des tableaux d’évaluation, les participants auront aussi stimulé des capacités très humaines mais rarement utilisées dans le cadre professionnel et très utile lorsqu’il s’agit de développer de nouvelles idées. Ils auront pu voir qu’il n’est pas nécessaire de savoir bien dessiner pour exprimer visuellement des idées. Ils auront également pu constater que c’est une très bonne façon de mettre en évidence les éléments importants et les interconnections d’une situation.  

  

Créativité : Dans l’environnement professionnel on demande rarement aux collaborateurs d’être créatifs et lorsqu’on le leur demande, on ne leur en donne pas les moyens ou on ne leur explique pas comment faire. Le Design Sprint reconnectera les participants avec cette faculté humaine naturelle et ce sentiment de pouvoir formuler des idées originales. La journée du mardi est entièrement dédiée à ces processus créatifs presque intimistes. D’autres éléments du Sprint favorisent aussi la créativité, comme l’état d’esprit de “prototype” par exemple. 

  

L’esprit prototype. Tout le travail de réalisation du prototype amène aussi à beaucoup de changement d’état d’esprit. Cela permet de voir en « grandeur nature » qu’il est possible de visualiser un produit ou un service fonctionnel en seulement quelques heures et avec peu de moyens. Ce passage de la théorie à la pratique donne déjà à lui seul une compréhension bien meilleure de ce que l’on tente de développer et des enjeux. Cela encourage également à avoir plus d’idées et à les tester rapidement dans la réalité. 

  

Une passion pour l’utilisateur : Du début à la fin, le Design Sprint est orienté sur les utilisateurs, ou les clients, ceux à qui doit bénéficier la solution élaborée pendant ces 5 jours. Au début, il s’agit même de définir précisément qui est le client cible. Le Design Sprint entraîne à aller à la recherche des réactions authentique des utilisateurs. Cela demande une posture radicalement différente de celle de beaucoup d’organisations qui fonctionnent souvent avec des suppositions business sur ce qui doit être développé. Même si elles effectuent des études marketing, elles ont souvent de la peine à vraiment s’intéresser à leurs utilisateurs. C’est une curiosité, une ouverture d’esprit et cela demande de l’humilité qui est développée durant le Sprint. 

Design Sprint Facilitator Steph Cruchon

Faites vous accompagner

Nous l’avons vu, le Design Sprint est une proposition de changer les modes de fonctionnement pour réaliser en une semaine ce qui pourrait prendre des mois ou des années. C’est un bol d’air frais pour une organisation et pour les participants au Sprint. C’est aussi un investissement pour faire germer des idées, de nouvelles pratiques et un nouvel état d’esprit. Tout cela fait beaucoup pour une semaine et il y a beaucoup de points délicats qui demandent de l’accompagnement pour les traverser. Il est donc vraiment important de se faire accompagner dans les premiers Sprints par des facilitateurs expérimentés, qui travaillerons comme des guides et seront capables d’amener l’équipe à bon port. 

  

Appelez-nous pour en discuter ! 


Design Sprint Day 3 decide

Le guide ultime du Design Sprint

Design Sprint Ltd

Si vous souhaitez absolument tout savoir sur le design sprint, cette technique d'innovation révolutionnaire inventée au sein de Google Ventures vous êtes au bon endroit. Notre agence, Design Sprint Ltd, a mené plus de 150 sprints, dès 2015, avec de grandes entreprises, des startups ou des collectivités, sur tous types de problématiques.

L'ambition de cette page est de présenter le design sprint jour après jour, afin de vous en donner la vision la plus détaillée possible. Vous saurez tout! En cas de question, n'hésitez pas à nous écrire via contact@design-sprint.com on se fera un plaisir de vous répondre.

Methodologie design sprint

Le jour 1, l'équipe partage l'information et définit une cible claire

L’équipe du Design Sprint démarre la semaine avec une idée du thème ou de la problématique qu’ils vont traiter. La première journée permet de mieux cerner cette problématique, de mettre les participants au même niveau de connaissance et de trouver la cible qui détient le plus de potentiel. C’est un processus crucial de découverte en plusieurs étapes qui montera l’équipe en compétences sur le sujet et qui orientera le travail pour le reste de la semaine.

Trouver un objectif et comprendre les enjeux

La problématique de départ peut avoir différents degrés de précision. Elle peut être très claire pour l’équipe ; tout comme elle peut être plus vague. Dans tous les cas, elle doit avoir un bon degré de complexité et d’enjeux pour que l’équipe sente que l’atelier dans lequel chacun s’engagent pour 5 jours fait du sens.

Les premiers moments du Design Sprint le lundi matin sont dédiés à détailler le problème, à le déconstruire et à le comprendre avec une attitude de curiosité. À ce stade de présentation, il y a un risque de chercher directement une réponse ou une solution. C’est une réaction humaine des plus normale, mais les réponses ou les solutions proposées à ce stade sont généralement « réactives » et sont rarement innovantes. L’équipe va donc être amenée à se détacher de la problématique et à la transformer en objectif. Cette transition sur l’objectif permet de renverser la perspective et de changer la façon dont la situation est perçue. C’est un changement de point de vue que les concepteurs du Design Sprint appellent « Commencer par la fin ». Cette dynamique de vision dans le futur et d’imagination d’une situation idéale stimule la créativité des participants. Un objectif appelle une multitude de possibilités pour le réaliser et permet de voir des opportunités. Ceci fait également émerger de nombreuses questions, des risques et des critères de réussite qui vont guider l’équipe tout au long du sprint.

La bonne équipe de sprint: 6-8 participant.e.s afin de gagner la vision le plus large possible

L’équipe réunie pour le Design Sprint est pluridisciplinaire. C’est une agrégation de profils divers permettant de multiplier les points de vue sur le sujet à traiter. Chacun aura des compétences particulières et des sensibilités sur certaines dimensions du sujet comme:

  • les aspects financiers
  • design
  • technologiques
  • marketing ou relation client
  • légaux
  • humains

…et autres. Chacun offre donc une contribution unique qui enrichit les échanges et les idées des autres participants, créant la vision la plus large possible. Cependant, l’équipe de Design Sprint est limitée à 6-8 participants. Ce nombre assure la plus grande efficacité tout en ne mobilisant pas trop de monde durant 5 jours entiers. Ainsi, l’équipe de Design est déjà bien outillée de talents, de savoirs et de compétences, mais il ne faudrait pas se priver d’en utiliser d’autres.

C’est pour cela que l’équipe peut faire appel à des experts externes, le lundi uniquement. Ce sont des personnes qui, comme les participants, ont une compétence ou une connaissance particulière. Ils vont être mobilisés un petit moment pour éclairer l’équipe sur un aspect particulier du sujet traité, donner leur avis sur l’objectif du sprint ou répondre à des questions.

Partager la connaissance

Le matin du premier jour est centré autour de petites présentations informelles appelées « parole aux experts ».

Le défaut des entreprises est de travailler en « silos » et les départements communiquent généralement peu ensemble. L’idée, de ces temps de parole individuels d’environ 10 minutes est tout simplement de partager ce que l’on sait.
Certain.e.s partageront des slides, ou des chiffres, d’autres des retours clients…

Les autres participants écoutent activement, et capturent leurs découvertes et questions au vol en les articulant sous forme de « How might we … ? ». « Comment pourrait-on … ? »
Ces questions importantes, les HMW, devient la matière première, le combustible de la démarche de design.
Et permettront de fixer des objectifs clairs.

Cartographier la situation

Dès le début du Sprint, toutes les connaissances vont être collectées et disposées bien visiblement avec des post-its sur les murs ou fenêtres de la salle où se passe le Design Sprint (ou la board en ligne si le sprint se passe à distance). Cette visibilité de la connaissance permet à l’équipe de baigner dans le sujet du sprint, d’activer leur mémoire spatiale et de stimuler les associations d’idées.

 

À partir de l’objectif, les participants vont créer une modélisation de la situation sur un grand tableau. Cette  est centrée autour du client et on y représente les acteurs et les différentes étapes le plus simplement possible pour former une histoire complète avec un début et une fin. C’est une cartographie de l’expérience de la situation, qui met en évidence les points d’interaction les plus sensibles où résident les opportunités de faire une réelle différence.

 

Cette carte sert de support pour les discussions avec les membres de l’équipe ou les experts. Les partages d’expériences mutuelles,  précisent et complètent des aspects de l’histoire en l’éclairant sous différents angles.

Décider de la cible du Sprint

En fin de journée le lundi, l’équipe a agrégé, sélectionné et organisé une masse considérable de connaissances. Les notes « HMW » les plus pertinentes sont ajoutées à la carte d’expérience aux endroits qu’elles touchent. Avec tout cela, l’équipe dispose d’une synthèse visuelle de la situation avec beaucoup plus de profondeur, de clarté et d’opportunités qu’au démarrage le matin-même. Cette vue d’ensemble offre alors généralement une évidence du point où focaliser les efforts. Il s’agit de l’intersection entre le client le plus important et le moment critique de l’expérience. Comme le dirait Jake Knapp, le créateur du design sprint c’est « l’endroit où il y a le plus de chances de réaliser quelque chose d’extraordinaire » .

Mais il s’agit aussi de considérer les priorités, la faisabilité et d’autres critères propres à la situation et à l’organisation. Cela revient au Décideur qui arrête un choix sur l’opportunités à poursuivre pour le reste de la semaine. La carte se transforme alors en feuille de route pour l’équipe.

Résultats du jour 1

  • alignement de l’équipe sur les objectifs principaux
  • compréhension des besoins
  • priorisation


Le jour 2, l'équipe imagine les meilleures solutions au challenge

La journée du mardi est marquée par une bascule d’une dynamique à une autre où l’accumulation de connaissance et d’inspiration laisse la place à la créativité et aux solutions. C’est aussi la journée qui caractérise le plus le rythme et la structure du design sprint, permettant de gagner un temps et une énergie considérable par rapport aux modes de fonctionnement standards.

Créer de l’inertie – Propulser l’équipe

Dans le Design Sprint, tout a une place bien précise pour que les activités s’enchaînent et se nourrissent en construisant sur ce qui a été acquis. Ainsi, la première moitié de la journée du mardi est dans la continuité de la dynamique de découverte du lundi.

On appelle cet exercice les « demos éclair ».

Sur cette demi-journée, les participants vont aller chercher des exemples de solutions déjà existantes dans des domaines parfois très éloignés pour s’en inspirer. Ils peuvent aussi aller rechercher plus près d’eux des idées qui avaient germées dans les esprits de collègues à d’autres moments et qui n’avaient pas été concrétisées. Se nourrir de ces solutions stimule l’esprit et met dans un état rempli de solutions et de possibilités. Regarder ce qui fonctionne ailleurs permet aussi de prendre un recul nécessaire par rapport au sujet choisi la veille.

Concrètement chaque membre de l’équipe présente pendant quelques minutes entre deux et trois inspirations.

En fin de matinée le mardi, les participants baignent dans cet univers qui a été créé. S’y entremêlent des clients cibles, des connaissances pointues du domaine et de la problématique, des questions, une cartographie des parcours d’expérience, un objectif à long terme ainsi qu’une multitude de solutions élégantes, intelligentes et inspirantes pouvant servir d’inspiration.

Toutes les étapes précédentes auront permis de propulser les participants au Sprint, de leur faire gagner de la puissance et de les placer dans cet environnement propice à faire des connexions inédites. Cela aura aussi contribué à former le groupe. Chacun est maintenant prêt à faire quelque chose de ce momentum pour déployer ses idées en solutions.

Voyage créatif

Dans la deuxième partie de la journée du mardi, le sprint change complètement de dynamique et les participants peuvent enfin travailler sur les solutions. C’est une étape très individuelle. En effet, dans cet exercice, les participants n’interagissent pas ; bien qu’ils soient toujours dans le même espace. Un peu de solitude et d’intimité est nécessaire à la plupart des personnes pour réfléchir convenablement, à son rythme. Cela permet à chacun de se retrouver avec lui-même, d’absorber la matière récoltée depuis le début du sprint, de laisser émerger des idées et de les développer en solutions. Travailler seul assure de pouvoir bien développer ses idées originales sans être influencé par celles des autres. Tout le groupe bénéficie également de ne pas avoir des discussions monopolisées par les personnes qui ont tendance à parler beaucoup et fort et d’être influencées par la pensée du groupe et la tendance naturelle au conformisme. Cette gymnastique est très loin des séances de brainstorming que les concepteurs du Design Sprint ont appris à bien remettre en question.

 

Un processus particulier est nécessaire pour que cet après-midi soit créatif et fructueux. Comme nous l’avons déjà vu, les premières idées qui nous viennent ne sont généralement pas les plus intéressantes et c’est malheureusement souvent à celles-ci que l’on s’arrête sans aller chercher plus loin. Les différentes étapes du processus permettent de dépasser ce premier stade en générant rapidement et librement une grande quantité d’idées. En plusieurs itérations, ces idées sont explorées, distillées, développées, sélectionnées puis raffinées pour produire une solution sous forme de dessins et de schémas aisément compréhensibles.

Rythme et structure!

Le mardi est probablement la journée qui incarne le plus le caractère structuré et rythmé du Design Sprint. Les activités contenues dans cette journée prennent habituellement des jours, des semaines ou même des mois dans un environnement traditionnel et sont extrêmement propices à se perdre. Le facilitateur du sprint va déployer tout son talent pour faire traverser cette journée et ces activités aux participants et en ressortir l’essence à chaque étape. En raffinant l’exercice, les inventeurs du Design Sprint ont finalement trouvé un bon équilibre entre une durée assez courte des activités ; tout en ayant suffisamment de temps pour réfléchir. Concrètement, les différentes étapes ont des durées spécifiques de quelques minutes à une demi-heure et les activités sont très cadrées et simples. Ceci permet de ne pas se perdre, d’avancer par petits bout, de ne pas s’assoupir, de ne pas entrer dans trop de réflexion, de conserver l’énergie du groupe et de produire des résultats. Enfin, ce rythme avec des tâches précises dans une temps limité enlève la pression de chercher à faire juste ; ce qui est important parce que cette notion n’existe pas dans le Design Sprint.

Dessiner – schématiser – noter – nommer

Pour exprimer leurs idées, les participants au sprint sont encouragés à les dessiner. Passer par cet intermédiaire permet de matérialiser une idée et apporte une compréhension plus large et plus aboutie que la première impression, en stimulant la réflexion à un autre niveau. C’est encore une fois une méthode rarement utilisée dans les contextes professionnels habituels, mais très utile pour un processus d’innovation comme le design sprint.

 

Le facilitateur va d’ailleurs encourager à utiliser le plus possible le dessin, notamment pour capturer les idées principales lors des présentations de solutions inspirantes du mardi matin. Mais dessiner peut être intimidant pour certains et il est important de démystifier cette activité pour que chacun se sente à l’aise et profite de cet outil. Les attentes ne sont en effet pas grandes en termes de résultat artistique. Le dessin doit simplement aider la visualisation. Dans les premiers temps du processus créatif, les dessins ne sont vus que par celui qui les réalise. Des gribouillis suffisent largement ; à partir du moment où ils permettent à l’auteur de générer des idées. Pour la proposition finale, il est nécessaire qu’elle soit compréhensible par d’autres personnes, mais des dessins simples, des schémas et des flèches feront très bien l’affaire.

 

Si les dessins ont le droit d’être simples ou même moches, les écrits comptent. Le travail sur les mots à une importance particulière.
Certains titres, noms ou éléments descriptifs pourront souvent être repris tel-quels dans le produit final ou servir ultérieurement au branding du produit.

 

Au terme de la journée du mardi, chaque membre de l’équipe du design sprint aura produit au moins une propositions de solution solide, en lien avec l’objectif, le client-cible et le moment critique choisis la veille.

Résultats du jour 2

  • benchmark de solutions existantes
  • nouvelles solutions complètes et originales créées par les participant.e.s, encore au stade d’esquisse


Le jour 3, l'équipe découvre les solutions, s'aligne, et planifie l'exécution

Les journées du lundi et du mardi étaient dédiées à élargir la connaissance et les possibilités. Arrivé à mercredi, il est temps de choisir les solutions les plus pertinentes et de les intégrer à une expérience pour l’utilisateur, pour pouvoir construire le prototype le lendemain.

Étudier les solutions dans un cadre très précis

La matinée du mercredi continue sur la lancée du mardi en termes de structure et de cadre de la méthode. En effet, il est temps pour le groupe de passer en revue les différentes solutions créées la veille individuellement et de choisir celles autour desquelles le sprint continuera. Sans facilitation, c’est une étape délicate avec de forts risques de dérapage dans des discussions potentiellement interminables et des décisions bancales basées sur des émotions. Les concepteurs du Design Sprint ont heureusement élaboré une mécanique bien huilée permettant de guider les participants dans ce processus. Les multiples propositions de solutions sont étudiées selon un rituel précis qui a la caractéristique « d’ignorer » qui l’auteur de la solution. Contrairement au mode opératoire habituel de la « réunion », il n’y a donc pas de présentation où une solution bancale pourrait être bien vendue par un bon orateur ou une personne avec une certaine aura ou autorité. La solution est « seule » face à l’équipe et doit se « défendre » elle-même. On voit ici l’importance de formuler la solution de manière explicite, simple et compréhensible.

Le processus se veut le plus juste et transparent possible.

Après une découverte initiale en mode « musée d’art » où chaque participant.e pourra lire chaque solution et marquer son appréciation avec des gommettes, l’équipe va se rassembler pour en discuter.

Sous la conduite active du facilitateur, l’équipe va analyser la proposition, extraire les idées essentielles, les discuter, noter des questions éventuelles. C’est un réel travail de groupe qui demande l’attention de chacun. L’auteur de la solution aura tout de même l’opportunité d’ajouter quelques mots pour préciser un point ou répondre à une question à la fin du passage en revue de sa proposition.

Décider vite, bien et judicieusement

Après avoir fait le tour de toutes les propositions, la matinée du mercredi se termine par une très importante décision : la sélection des propositions qui seront prototypées et testées. À ce stade, il faut rappeler brièvement le but du sprint, le choix de client-cible et du moment critique. Il est tout aussi important de rappeler que le sprint est une opportunité de tester des idées pour lesquelles on aura des réponses dès le vendredi soir. C’est donc une invitation à opter pour des solutions audacieuses qui pourraient aboutir sur une réelle innovation ou des découvertes importantes sur les besoins et comportements du client.

 

L’équipe indique ses préférences directement sur les propositions au moyen des gommettes qui marquent visuellement avec des grappes de points de couleurs le « poids » des différentes solutions. Chacun a aussi l’opportunité d’expliquer son choix. Puis, c’est au Décideur de prendre ses responsabilités et de faire le choix final avec un « Supervote ».

Passer des solutions à un plan d’action

Il est temps de passer au concret:

Il est bien possible que plusieurs solutions soient retenues le matin du mercredi et il faudra déterminer si elles nécessitent un ou plusieurs prototypes. Dans tous les cas, l’après-midi du mercredi est dédiée à réaliser le storyboard de l’expérience que vont vivre les testeurs. L’équipe va combiner et scénariser les solutions retenues sous forme de storyboard, comme pour préparer les différentes séquences d’un film. Cet exercice va les amener à se poser beaucoup de questions pour lier les différentes séquences en un tout cohérent. Il faut notamment choisir par quelle scène commence l’expérience. C’est une étape de planification indispensable pour préparer et faciliter la réalisation du prototype dès le lendemain.

La journée du mercredi aura donc permis de choisir une solution potentiellement innovante à la question choisie le lundi et de préciser comment ce concept allait être présenté aux testeurs le vendredi.

Résultats du jour 3

  • alignement sur les deux meilleures solutions
  • définition du prototype et de ses hypothèses
  • storyboard, les fondations du prototype

Le jour 4, les designers avec l'aide de certains membres de l'équipe, réalisent le prototype

Le jeudi, tout reste à FAIRE. Il n’y a qu’une journée pour construire le prototype qui sera testé dès le lendemain. Cet exercice va tordre quelques modes de fonctionnement conventionnels. C’est généralement le véritable « wow moment » du design sprint. L’équipe découvre qu’il est possible de donner vie à un concept en une seule journée. Le secret? Ne pas chercher à en faire trop ou soigner tous les détails: pas besoin de viser la perfection, le prototype sert avant tout à présenter les idées innovantes et à apprendre de la réaction des testeurs.

Cibler le testeur du vendredi

Pour comprendre l’esprit et la logique de ce qui se passe le jeudi, il est utile de passer par le vendredi. Ce jour-là, les utilisateurs-testeurs vont expérimenter la solution du design sprint pendant une quarantaine de minutes. Ce véritable moment « de vérité » va permettre de récolter le produit ultime du sprint : les retours des utilisateurs. Pour que ces retours aient une valeur, il faut qu’ils soient le plus candides possibles, reflétant la réaction naturelle d’un utilisateur face à la solution proposée. Tout doit donc être mis en œuvre pour favoriser le naturel de l’expérience et le prototype est l’élément central pour y parvenir. Il matérialise la solution élaborée durant le sprint pour l’utilisateur cible et dans le contexte définit.

« Juste » créer l’illusion

Le jeudi matin, l’équipe se retrouve donc avec le storyboard réalisé la veille et une seule journée pour réaliser un prototype qui doit retenir l’attention du testeur, l’immerger dans le contexte et lui faire croire que le produit pourrait déjà exister.

Réaliser un bon prototype nécessite de trouver un juste milieu entre le trop simple et le trop compliqué. Pour mieux comprendre l’enjeu, voyons le prototype en deux dimensions : quelques fonctionnalités de base à tester et un décor pour enrober le tout.

 

La contrainte de temps d’une journée maintient le rythme et l’esprit du sprint et permet d’aller à l’essentiel. L’équipe doit se concentrer uniquement sur les fonctionnalités avec lesquelles le testeur sera amené à interagir et créer un « décor en carton pâte» pour le reste. Il n’est évidemment pas possible de créer les fonctionnalités « pour de vrai » avec les outils habituels. On ne va rien coder ou construire physiquement par exemple.

Il faut donc trouver un moyen de les simuler pour qu’elles paraissent réelles et qu’elles fassent illusion, mais il n’est pas nécessaire d’aller trop loin. L’Être humain est ainsi fait qu’il peut facilement se laisser prendre au jeu ; d’autant plus s’il l’a choisi consciemment, s’il se sent en sécurité et s’il connaît la durée de l’expérience. On se laisse emporter facilement dans un film, un jeu de société, une histoire bien racontée, pour peu que la base soit cohérente et fluide. Notre cerveau fonctionne pour nous aider dans l’expérience en comblant les lacunes dans la périphérie de l’histoire ou dans le décor.

 

Il n’est donc ni nécessaire, ni possible en une journée d’aller trop dans l’aboutissement de la solution. Cependant, si un prototype est trop simple ou s’il donne trop l’apparence d’un bricolage, les testeurs n’arriveront pas à entrer dans l’illusion et dans l’expérience qu’ils doivent vivre. S’il y a des erreurs flagrantes d’orthographe, des incohérences dans les données, des inconsistances de design ou de mise en page d’une séquence à l’autre, cela risque de déconcentrer les testeurs du sujet. Ils risquent alors de ne pas prendre l’exercice au sérieux et donc de ne pas réagir vraiment de manière naturelle. Or, c’est la réaction naturelle des utilisateurs qui est le résultat le plus précieux du sprint. Cela demande donc paradoxalement une grande précision et attention aux détails. Une des personnes de l’équipe va prendre ce rôle de « finisseur » pour mettre ensemble les différents morceaux de prototype, veiller à la cohérence générale et à la fluidité de l’expérience.

Un état d’esprit

Réaliser un prototype demande une approche et un état d’esprit particuliers. Nous avons vu que les participants doivent se retenir de faire quelque chose d’aboutit et de parfait ; tout en faisant le nécessaire pour créer l’illusion. Ils doivent également arriver à se détacher de la solution qu’ils sont en train de créer et accepter que les testeurs auront certainement toutes sortes de critiques à faire. Un prototype – par définition – n’est pas une solution parfaite. Il doit juste permettre de mieux comprendre les utilisateurs et de découvrir des éléments que l’on n’aurait pas vu sans ces tests utilisateurs. Enfin, il faut rappeler que toutes les solutions, idées, expériences sont prototypables, mais que ça demandera forcément de l’imagination et de l’ingéniosité de la part de l’équipe. Peut-être que le principal blocage à dépasser est simplement de se mettre au travail.

Et alors, comment on prototype ?

Les 3 premiers jours du Design Sprint auront permis d’arriver au jeudi matin avec une solution originale, innovante et inédite à prototyper. L’équipe aura même élaboré un plan sous forme de storyboard et tout cela donnera déjà des orientations pour la réalisation du prototype. Qu’il s’agisse d’une application, d’un site internet, d’un produit physique, d’un lieu, d’un service ou d’autre chose, il y a des moyens de les construire rapidement. Des logiciels très intuitifs permettent d’ajouter des boutons avec des fonctionnalités sur des photos de dessins d’écrans et de simuler une application. Un objet peut être imprimé en 3D. Une nouvelle façon de faire ses achats dans une boutique peut être jouée avec des acteurs autour du testeur et dans un lieu mobilisé et transformé pour l’occasion. Les outils varient, mais tout est prototypable, même si la solution est inédite. De plus, le facilitateur du Design Sprint accompagnera l’équipe dans cet exercice et pourra même inviter un spécialiste de la réalisation de prototypes (UX/UI) spécialement pour cette journée.

 

Le travail va être répartit entre l’équipe avec différents rôles et sur les 10 à 15 séquences esquissées sur le storyboard. En plus de ceux qui créent concrètement le prototype, il y a ceux qui assurent la logistique pour le matériel et les recherches, quelqu’un pour assurer la cohérence de l’ensemble, quelqu’un spécialement dédié à produire des textes réalistes et adaptés au sujet et aux utilisateurs cibles. Finalement, la personne qui sera au contact des testeurs le lendemain aura également beaucoup de travail pour se préparer.

 

En milieu d’après-midi, toute l’équipe se retrouvera pour faire un test du prototype. Ce moment permet de vérifier que tous les éléments du storyboard sont intégrés, que l’ensemble est cohérent et d’avoir encore le temps pour apporter quelques ajustements et corrections.

Résultats du jour 4

  • prototype clickable ou slidedeck complet démontrant la solution
  • plan de test basé sur des hypothèses business


Le jour 5, est la journée des tests: c'est l’heure de Vérité

Le dernier jour du sprint, il est temps de mettre le prototype entre les mains des utilisateurs-testeurs et d’observer comment les solutions élaborées pendant la semaine performent dans la réalité. Quelles sont leurs chances de succès.

C’est aussi l’occasion d’en apprendre beaucoup plus sur les clients potentiels. Enfin, ces découvertes vont permettre de prendre des décisions et d’orienter l’après-sprint.

Il suffit de 5 testeurs

5 ! : c’est le nombre optimal de testeurs pour obtenir des résultats pertinents.

C’est la découverte des équipes d’UX Research de Google Ventures, que nous avons aussi pu vérifier par nous-mêmes au fil des années.

L’idée est de trouver le « sweet spot » entre les moyens déployés (temps, argent, ressources humaines) et le nombre de découvertes importantes.

Moins de testeurs ne permet pas de confirmer les premières observations et que plus de testeurs n’apporte pas davantage de découvertes ; tout en rallongeant le processus. Comparer les résultats de 5 personnes met en lumière les tendances fortes et permet de récolter bien assez de données. Pas besoin donc de coûteuses et longues études marketing sur de grands échantillons de population. On peut tester des idées très simplement. C’est aussi un enseignement avec lequel les participants repartiront du sprint.

Comment recruter des testeurs lors d'un design sprint?

Nombre de startups et d’entreprises ne testent jamais rien, parce qu’ils ont l’a-priori qu’il est impossible de recruter des testeurs, ou que c’est trop chronophage.
Il n’en est rien, les gens ad-o-rent donner leur avis quand on le leur demande, mais bien recruter est une vraie tâche à ne pas sous-estimer, car on risquerait de biaiser les résultats du sprint.

Dès le mardi, l’équipe se sera donc mise à la recherche des testeurs.

Nous établissons des critères précis: âge, ville, métier, relation à la marque, niveau d’expertise, afin que ces personnes soient représentatives du public cible visé.

On peut alors faire un appel sur les réseaux sociaux ou cibler ces personnes au moyen de ads sur le réseaux, avec une petite récompense généralement non financière (carte cadeau)

Les personnes sélectionnées ont le profil des clients-cible définis le mardi en début de journée et acceptent de consacrer environ 45 minutes de leur temps à l’interview.

Aux petits soins avec les testeurs

Comme nous l’avons déjà vu, toute la valeur des résultats du test utilisateurs repose sur le naturel de la réaction des testeurs face au prototype. C’est un moment spécial qui demande un grand soin. Il s’agit de mettre la personne à l’aise et de créer les conditions propices à ce qu’elle exprime le plus possible son ressenti. C’est le travail tout en subtilité de l’intervieweur qui aura commencé à préparer ce moment la veille, sur la base du prototype et du storyboard. Il suivra aussi un protocole et des bonnes pratiques pour rendre le tout le plus fluide possible.

L’interview en 5 actes

Chacun des 5 testeurs se succède par tranches d’environ 40 minutes. Ce format individuel permet de maintenir une grande attention du testeur et de l’intervieweur. Dès l’arrivée, le testeur est accueilli par l’intervieweur qui prend le temps pour le mettre à l’aise et commencer l’expérience dans de bonnes conditions. C’est tout un art de mettre à l’aise quelqu’un, mais en résumé, cela revient à s’intéresser authentiquement à la personne. C’est ce que va faire l’intervieweur avec son attitude et avec des premières questions assez générales pour faire connaissance avec la personne. Il démystifiera aussi l’enjeu du test en expliquant bien que l’on cherche à tester le prototype et non le testeur et qu’il n’y a pas de mauvaises réponses. Puis, il orientera la discussion sur le sujet du test pour mieux comprendre le lien de la personne avec le sujet. Ceci donne du contexte et permet de mieux cerner le client et son point de vue.

 

Le test du prototype ne prend qu’une vingtaine de minutes où l’intervieweur présente la situation au testeur et l’accompagne dans l’expérience. C’est un moment délicat où il s’agit de mettre le testeur sur les voies que l’on souhaite investiguer et sur les opérations à tester. Ceci est fait tout en laissant le testeur interagir avec le prototype sans dénaturer l’expérience et sans l’influencer. Pour bien suivre le parcours du testeur, l’intervieweur lui demande de penser à haute voix et de décrire ce qu’il fait, ce qu’il voit, ce qu’il comprend et de manière générale, à verbaliser son expérience.

 

Après ce contact avec le prototype, l’intervieweur prend encore un moment avec le testeur pour recueillir ses impressions. Continuant dans la dynamique d’écoute attentive, de curiosité et de bienveillance, il pose des questions ouvertes, revient sur certains aspects du test, demande des précisions et reformule les propos. Ceci amènera le testeur à parler et à exprimer son ressenti par rapport à ce qu’il vient de vivre en général et également sur des points particuliers. Progressivement cela amène à la racine de son ressenti, qui est souvent tellement simple et évidente que l’on n’y pense pas. C’est le « pourquoi » que l’on cherche à recueillir.

Observer la réalité

Pendant toute la durée du test, l’intervieweur est  en principe seul avec le testeur, mais – avec son accord – tout est filmé. Dans une autre salle, les membres de l’équipe observent attentivement la scène et prennent des notes selon une structure précise. Sous leurs yeux, chacun voit en direct les réactions et le comportement des testeurs successifs au contact de la solution qu’ils ont contribué à construire depuis quelques jours. Voir l’utilisateur réel cheminer dans l’expérience donne à l’équipe une toute nouvelle perspective sur le prototype. Ils observent ainsi une situation très proche de la réalité d’un client en interaction avec leur solution, comme s’ils voyaient dans le futur leur produit ou leur service mis sur le marché. Ils découvrent ce qui fonctionne bien et qui confirme leurs hypothèses, mais l’expérience leur remonte aussi tout ce qui fonctionne moins bien, les incompréhensions, les incohérences, les difficultés, les évidences qu’ils n’avaient pas vues.

 

Voir ainsi à travers les yeux du client peut secouer émotionnellement, mais c’est une mine d’informations et d’enseignements. Toutes les notes prises sur le vif sur des post-it viennent s’agréger sur un tableau blanc avec une grille de lecture (la scorecard) qui reprend les hypothèses principales représentées dans le prototype.

Fin du sprint: atterrissage en douceur

Une fois les cinq testeurs passés, il y a encore une dernière étape à accomplir pour bien clore le sprint. Nous l’appelons le « bilan du sprint« .

Toute cette nouvelle masse d’informations est fraîche et il est temps de partager sur les enseignements importants, décider des éléments à retenir, de ce sur quoi l’entreprise va se focaliser et de la forme que va prendre l’après-sprint.

Chaque membre de l’équipe est invité à à remplir indépendamment un petit questionnaire, très ouvert. Il va faire le tri dans les notes pour ne garder que les observations qui se seront répétées de façon marquée avec plusieurs testeurs.

Il aura alors l’opportunité de partager librement avec le reste du groupe sur son ressenti, ses découvertes et les prochaines actions à mener.

Ces tendances et signaux sont examinés à la lumière des questions initiales du sprint. Elles éclaircissent, valident ou invalident des hypothèses et font émerger les besoins de clarifications. C’est sur cette base que l’équipe et surtout le décideur, va prendre la décision d’orienter les prochains efforts afin de construire la solution au problème initial.

3 scénarios à l’issue du sprint

Solution validée: Certains sprints (environ 30%) se terminent sur la validation de la solution et on pourra passer directement à la phase d’execution, en se basant sur le prototype. Le sprint a permis de gagner de nombreuses semaines.

Bonne piste mais à améliorer: Dans la plupart des sprints (50%), on identifiera ce qui a bien fonctionné ou non, et on enchaînera avec une itération, typiquement l’amélioration rapide du prototype, suivie de nouveaux tests.

Solution invalidée: Dans certains sprints (20%), le concept est invalidé par les testeurs et c’est un signe qu’il faut soit chercher ailleurs, soit simplement arrêter le projet avant d’investir des moyens plus conséquents. Le design sprint est un formidable accélérateur, mais aussi le moyen, très en amont, de réduire le risque d’un projet d’innovation.

Dans tous les cas, le sprint aura permis d’en apprendre énormément sur ce qui n’était qu’une question vague en début de semaine et sur les clients que l’on cherche à servir. En suivant les pratiques du Design Sprint, l’équipe aura aussi intégré une toute nouvelle dynamique de fonctionnement et de nouveaux modes de pensée basé sur la collaboration et le design centré sur l’utilisateur. Tout cela bénéficiera grandement à chacun des participants ainsi qu’à l’entreprise, sur le long terme.

Résultats du jour 5, fin du sprint

  • videos des 5 tests utilisateurs
  • une scorecard analysant précisément les hypothèses business
  • analyse à chaud des découvertes importantes et des prochaines étapes



Pourquoi migrer sur Figma?

Pourquoi migrer sur Figma?

Julien Suard et Steph Cruchon font les nerds et partagent en détail leur amour pour le logiciel de design Figma! Design dans le navigateur, collaboration à plusieurs au sein d'un même fichier, composants et styleguides,  protypage rapide, Figjam et bien plus encore!

Salut à tous c’est Steph, j’espère vous allez bien aujourd’hui pour cette nouvelle vidéo on a décidé de vous parler d’un outil qu’on adore qui s’appelle Figma! Donc Figma est un logiciel de design de prototypage dont vous avez sûrement déjà entendu le nom. J’ai un invité incroyable personne aujourd’hui pour vous parler de ce logiciel. Vous allez voir c’est vraiment un crack de Figma.

Une petite note avant qu’on se lance dans la vidéo. On aime parler des outils qu’on utilise Design Sprint Ltd – on n’est bien sûr pas payés pour le faire. C’est pas du tout des vidéos sponsorisées, c’est juste qu’on aime ces outils et qu’on les utilise. On est complètement agnostique en termes d’outils c’est à dire que par rapport au projet à la période etc on va passer d’un outil à l’autre et on aime partager ça avec vous.

Pour cette vidéo aujourd’hui j’invite l’exceptionnel Julien Suard – Salut à tous! Aujourd’hui effectivement c’est une vidéo que ça fait longtemps qu’on voulait faire et c’est l’occasion de souhaiter à tous les vœux à toutes les personnes qui nous regardent! Et puis également aussi, t’as vu Steph, j’ai mis le nouveau T-shirt Design Sprint. Et c’est l’occasion de parler de Figma. Pourquoi on l’utilise de plus en plus, et vous expliquer quels outils on a utilisé jusqu’à présent et vous expliquer pourquoi maintenant on l’utilise dans nos design sprints nos workshops, dans nos formations etc…

Peut-être Julien avant qu’on commence tu voudrais te présenter en quelques mots?

Exactement alors moi je m’appelle Julien Suard, je suis Product Designer, je travaille avec Steph depuis maintenant deux ans. Je l’accompagne dans les design sprints, notamment sur la partie de prototypage. L’année prochaine cela fera 20 ans que j’utilise des logiciels de design

Avant Figma (Photoshop, Illustrator, Fireworks, Invision…)

Ca paraît fou quoi! Comme ça je pourrais vous raconter un petit peu tous les outils que j’utilisé jusqu’à présent. Alors on va commencer dans les années 2000 puisqu’il ya moi j’ai une formation de graphiste à la base. Il n’y avait pas de formation à l’époque pour devenir UX Designer, donc j’ai commencé par être formé avec le logiciel phare qui est Photoshop. J’ai commencé avec la version 5 et puis ensuite Photoshop a évolué vers des versions CS et un moment donné on a voulu faire des sites internet de l’applicatif des logiciels, d’applications mobiles et là on a commencé à réfléchir à quels outils allait utiliser à l’époque. Il y’en avait pas 36: il y avait Photoshop qui n’était pas vraiment adapté. Donc on faisait avec parce qu’il n’avait pas d’autres, et il y en qui utilisaient Illustrator u qui utilisaient Fireworks également.

J’ai utilisé Fireworks pendant, on va dire une paire d’années, et puis un moment donné Adobe a évolué. Ils ont lancé leur Creative Cloud et à ce moment là j’ai rebasculé dans Photoshop. Ca m’a permis de commencer à créer des composants qu’on pouvait partager avec le reste des designers dans l’équipe. Et du coup c’était couplé avec Invision aussi qui était un nouveau service qui permettait une fois qu’on avait fait nos protos de les mettre en ligne et pouvoir ensuite le partager avec le reste de l’équipe pour commenter. Ca c’est quelque chose que j’ai fait jusqu’en 2014.

L’ère Sketch

Et puis en 2014 on ne parle d’un nouveau logiciel qui révolutionne tout qui s’appelle Sketch et là ça m’a laissé dubitatif on dit que voilà tout le monde l’utilise. Alors pour un pro-Photoshop, je me demande, en fait, dans quelle mesure ce logiciel il va pouvoir trouver son succès. Et on se rend compte qu’il y a de plus en plus de gens qui utilisaient photoshop qui migrent vers sketch. Et qu’il y a la possibilité également de le coupler avec Invision.

Donc je me dis bah pourquoi pas l’essayer. A ce moment là bas c’est une grosse remise en question parce que on a déjà tous nos composants. On a déjà commencé à mettre en place un petit design system, nos couleurs nos styles etc. Il faut cette fois-ci migrer de photoshop à sketch. Déjà premières migrations. Est ce que je peux aussi partager? Moi j’étais à peu près la même situation que toi. Il faut bien comprendre la différence avec photoshop.

C’est un logiciel c’est au départ un pilote de scanner qui est devenu un logiciel de traitement d’image. Il marche une succession de calques, de couches et puis Sketch ce qu’il amène c’est cette notion d’avoir différentes artboards, ou différents écrans. Ce qui permet de plus simplement créer des sites web ou des applications mobiles. Une logique avait pas du tout dans photoshop vu qu’il fallait faire ces couches ou ces dossiers superposés, qui était vraiment pas idéal et qui ralentissait énormément Photoshop.

Quand on dépassait genre, 10 artboards dans le fichier Photoshop plantait. C’était pas forcément l’outil idéal. Parallèlement, Adobe se sont rendus compte qu’il était en train de perdre un paquet d’utilisateurs, ils ont cravaché et il avaient pour projet de lancer un logiciel qui devait s’appeler Comet, et s’est finalement appelé Adobe Xd qui est toujours d’actualité.

Invision

Parallèlement on a eu Invision aussi qui a voulu se lancer avec Invision studio. Mais ça a été quand même une petite déception pour nous. Ils avaient fait un teaser de folie. Mais bon…. je sais pas, j’espère que ils pourront revenir dans la course, mais pour l’instant on parle. C’est vrai que Sketch a été pendant très longtemps LE logiciel pour les designers. C’était vraiment le meilleur logiciel en fait de design écran mais – et je pense que tu veux en parler- mais ils ont qu’a fait une erreur cruciale à mon avis.

C’est que Sketch n’existait que pour Mac, ils ont ciblé les designers qui bossaient sur mac. Et ils sont dit voilà on fait le meilleur logiciel de design écran, hé en c’est logiciel qui s’installe sur les mac. – Tout à fait c’est resté quand même en travers de la gorge de beaucoup de monde, le fait qu’on puisse lui uniquement l’utiliser sur Mac .

En ayant mon équipe de designers j’ai toujours voulu faire de la veille quand même pour me tenir informé sur les logiciels. Donc parallèlement à l’évolution de Sketch j’ai aussi étudié d’autres logiciels comme UXpin. qui était quelque part un précurseur de Figma puisque l’objectif d’UXpin c’était d’avoir deux prototyper en live et au travers d’un navigateur. C’était à mon sens déjà une bonne direction à prendre. Et puis s’en est suivis d’autres logiciels comme Axure qui a également lancé sa version cloud Proto.io.

Figma

Enfin et bien pour le coup FIGMA est arrivé comme ça et est venu un petit peu chambouler les logiciels de prototypage. Quand il est arrivé, alors j’ai regardé tout à l’heure sur la sur Wikipédia visiblement la première version date de 2012, mais moi personnellement j’ai commencé à l’utiliser aux alentours de 2017 me chercher sur le site. Le site de figma en fait officiellement été créé en 2015 par Dylan Field aux Etats Unis.

Julien, si tu peux partager ton écran, comme ça on pourrait regarder le site de Figma. Donc c’est un logiciel qui vient un petit peu comme un cheveu sur la soupe dans un écosystème. On en a parlé, où il y avait plein de logiciels qui se tirent la bourre qui cherchent à être le meilleur logiciel de design écran. Et puis Figma arrive comme un acteur de plus, mais ils font des choix assez radicaux par rapport aux autres.

Le premier choix qu’ils font et je pense que c’est vraiment l’une des clés du succès, c’est un choix très stratégique. C’est de se dire c’est un logiciel qui va être dans le browser (donc dans le navigateur). C’est à dire qu’à la différence de Sketch de Photoshop ou Illustrator c’est un logiciel qu’on va pas avoir besoin d’installer. On va simplement a besoin d’avoir un compte et on va pourra l’utiliser dans son navigateur web. Dans tout navigateur web ce qui est quand même déjà assez fort dès le départ.

C’est un logiciel qui se veut au départ plutôt simpliste. On pouvait pas du tout faire dans Figma à ce que l’on pouvait faire avec Sketch ou Photoshop. C’était plutôt vrai que ça allait suivre un peu la logique de UXpin ou de Axure. Quelque chose centré un sur les wireframes, sur des maquettes en noir et blanc, assez simplistes vraiment pour de l’UX. Je sais pas ce que tu en penses Julien, mais la première réaction des designers professionnels -les vieux de la vieille comme nous, on était un petit peu dédaigneux par rapport à ce logiciel. On trouvait pas ça hyper intéressant parce qu’on disait « mais attendez il ya déjà tellement de bons logiciels qui existent Sketch, Photoshop Illustrator sont là. Tu viens avec ton truc qui est un petit peu laggy, le truc était un peu lent pas très fluide.

Tu bougeais un rectangle mais ça faisait tic tic tic… comme ça, c’était un peu trop simple on voit pas tout faire on pouvait pas faire des dégradés. On pouvait pas faire, voilà, plein de choses qui sont des basiques ailleurs. Et puis surtout il y avait ce problème, je dirais, presque fondamental et là Julien, j’aimerais savoir comment tu l’as vécu, mais c’est que Figma été pensé comme un logiciel de collaboration. C’est à dire que tu peux envoyer un lien à n’importe qui et qui, du coup, n’a pas besoin de l »installer (donc PC / Mac etc…)

Je clique sur le lien, je crée un compte quand même, et j’ouvre le fichier Figma. Je peux commencer à collaborer dans le fichier et ça a été pensé dès le départ et ces fonctions là, c’est quand même quelque chose d’assez puissant parce que d’un coup tu peux intégrer des gens dans le projet qui ne sont pas designer. Ca peut être des chefs de projet, des gens qui vont s’occuper des textes. Ca peut être ton boss etc et du coup il ya des personnes qui ne sont pas designers qui se retrouvent à travailler sur ton fichier de design… Comment toi Julien tu as vécu ce shift?

Ben complètement, alors moi ce qui a été assez perturbant, c’est de me dire « ok jusqu’à présent on a utilisé des logiciels qu’on installait et que ce soit sur windows sur mac. Que ce soit photoshop, que ce soit Sketch et là d’un seul coup on nous propose une grosse alternative ou maintenant on peut designer directement via Chrome via Firefox » je me dis « ouah mais dans quelle mesure ça va pas cracher ? ».

On a des centaines, voire des milliers de maquettes à réaliser donc voilà… j’étais quand même assez dubitatif puis surtout en termes de fonctionnalités me dire mais c’est incroyable d’avoir une application qui tourne comme ça, où on est capable d’avoirbles mêmes features on peut faire des interactions. C’était assez fou, et j’ai quand même attendu un petit peu que le logiciel mûrisse. Ce n’était pas pour il était pas prêt tout comme Sketch au départ j’ai pas migré de suite.

J’ai toujours attendu une bonne année que le logiciel ait une certaine maturité avant de migrer. Parce que bon ben derrière, c’est quand même un gros boulot de migrer des composants des maquettes. A chaque fois je voulais vraiment m’assurer que je faisais le bon choix. Et du coup j’ai listé un certain nombre d’avantages pour les gens qui s’interrogent sur Figma qui sont encore sur un autre logiciel comme Sketch par exemple ou Adobe XD. Qui se disent « pourquoi pas… mais du coup comment ça va se passer? Est-ce que je vais pouvoir récupérer les composants? » etc… Donc il y a quelques semaines de ça j’ai eu l’occasion de migrer un gros projet et puis du coup je vous expliquerai comment ça s’est passé.

Si c’était facile, si j’ai pu récupérer l’ensemble de mes éléments et puis aussi, je vais vous expliquer les différents avantages que je vois utiliser Figma au quotidien… Peut-être Julien si tu arrives partager ton écran pour nous montrer à quoi ça ressemble ce fameux Figma?

Oui du coup, alors Figma, je vais vous montrer. Voilà l’interface qui est très minimaliste. – Ah oui c’est sobre! Voilà donc là c’est vraiment un fichier brut quand vous ouvrez Figma ça ressemble à ça. Pour petit rappel de ce qu’on fait au quotidien avec Steph. Nous on est spécialisés dans le design sprint, donc c’est un workshop d’innovation que l’on peut mener donc soit en présentiel soit en remote. On en fait plus en plus avec la situation actuelle… mais on design également des produits donc des applications mobiles des sites web, des consoles d’administration (dashboards) et on intervient également donc des écoles où on donne des Masterclasses aussi d’un point de vue éducation du coup.

Je vais vous expliquer un petit peu pourquoi on a fait le choix de travailler de plus en plus avec Figma, et de quasiment travailler qu’avec Figma d’ailleurs.

Jusqu’à l’année dernière ont travaillé avec avec Sketch encore avec les dernières versions de Sketch et du coup ce qui nous a donné l’envie de bouger sur Figma, la première chose c’est la compatibilité parce que comme tu l’expliquais tout à l’heure Figma est compatible sur Windows, Mac et Linux, il suffit simplement d’avoir internet d’avoir un navigateur récent du type Chrome, Firefox ou Edge et ça fonctionne.

C’est aussi très facile à mettre en place quand on n’intervient que ce soit dans un workshop ou pour donner des Masterclasses, ou des cours pour des étudiants. Et bien il ya aucun logiciel à installer, il y a simplement à leur dire d’aller sur Figma de créer un compte. Eventuellement si le projet déjà créé on les invite au projet ils nous rejoignent direct. C’est très simple… Ensuite un autre point très important, c’est que il n’y a pas de notion de mise à jour. En fait dès que vous ouvrez votre navigateur que vous allez sur Figma, vous êtes à la dernière version. Voilà il y a une version desktop que vous pouvez télécharger. Si vous le souhaitez ne pas utiliser votre navigateur, mais c’est ni plus ni moins que la même vue embarquée dans une application. Franchement y’a pas un avantage fou d’avoir la version installée.

Desktop plutôt que la version online… Exactement, et il existe également une version mobile d’ailleurs. Qui était déjà présente pour l’App store et ils ont sorti dernièrement la version pour Android. C’est une version qui est très pratique pour faire du mirroring en fait puisque vous n’avez pas forcément besoin d’un câble vous pouvez la lier à votre téléphone grâce au wifi. Il suffit d’être connecté sur le même réseau vous pouvez directement voir en live votre proto. Julien, juste pour expliquer en deux mots ce que c’est. Quand vous fabriquez un design un prototype dans Figma, après l’idée c’est de le tester. Dont le vrai monde avec des personnes, donc leur donner un téléphone avec la « vraie-fausse » application qui a été créé. Et du coup il y a une application qui permet de le faire, c’est l’application mirroring de Figma qui permet de montrer le design dans un téléphone.

Exactement et également dans l’application vous avez accès à l’ensemble de vos projets que vous pouvez parcourir donc c’est plutôt pratique. Julien là je suis sur ton écran, dans Figma. Peut-être, est-ce que tu peux nous faire un petit tour du propriétaire? Et nous expliquer ce qu’est ce qu’on voit et comment ça fonctionne?

Figma à une interface très simple très minimaliste qui suit les patterns de la plupart des logiciels de ce type genre Adobe XD ou Sketch. En haut vous avez votre toolbar, vous allez retrouver bas les outils déplacement, l’outil frame, l’outil pour designer vos différentes formes. On voit les carrés des ronds, des triangles des flèches, etc… L’outil plume, l’outil texte, l’outil de déplacement et vous avez également un outil avec une petite bulle pour mettre des commentaires. Ca c’est plutôt pratique parce que les commentaires vous pouvez les mettre soit sur la maquette telle qu’elle est en train d’être éditée. Et après on verra que une fois que vous avez terminé votre prototype, vous pouvez le présenter.

Cette fois ci aux utilisateurs finaux qui vont aussi pouvoir ajouter des commentaires. En haut vous avez des onglets vous pouvez travailler sur plusieurs fichiers en même temps. Vous pouvez renommer votre projet, ici vous avez un bouton share sur lequel vous allez pouvoir inviter une personne pour rejoindre le projet. Donc soit en rentrant une adresse email et en spécifiant le type de droit, soit en lecture seule, soit en écriture. Et puis vous avez la possibilité d’envoyer un lien public ce qui est vraiment très intéressant et sans forcément avec un compte Figma.

Et d’ailleurs au niveau du partage des liens, je pense, que quelque chose d’important à noter c’est que vous pouvez envoyer deux types de liens. Il y a des liens que vous envoyez à des collaborateurs qui vont aller dans le fichier design et travailler avec vous sur le design. Donc des liens publics, et aussi des liens qui vont être envoyés. Des gens qui vont juste voir le prototype. Le résultat final, donc vous pouvez vraiment décider à qui est-ce que vous envoyez, aux bons acteurs du projet.

Voilà, le résultat final vous l’avez en cliquant sur le petit « Play » ici, vous ouvrir un nouvel onglet et ensuite vous pourrez faire de la même manière un partage avec un lien et la personne ne verra que la présentation et non le fichier d’édition. Ensuite sur votre gauche vous avez un panel. Vous allez retrouver les différents calques, donc là je vais créer élément. Je crée un carré, vous allez retrouver les différents calques et puis ici dans les assets vous allez pouvoir retrouver l’ensemble des librairies et des composants que vous pouvez récupérer et directement ajouter à votre projet.

Petite note juste sur Figma pour les francophones, alors ça ne s’est pas traduit l’interface tout est en anglais c’est un logiciel américain et qu’ils ont pour l’instant jamais pensé à le traduire en français ce qui serait relativement intéressant, mais je pense qu’on s’oriente quand même relativement facilement en tant que francophone, finalement c’est toujours les mêmes actions qu’on fait donc.

Complètement, donc vous avez la possibilité de créer différentes tâches par défaut chez une seule page. Vous pouvez créer différentes pages, et puis sur la partie droite ou en cliquant sur un élément vous allez retrouver les propriétés de l’élément. Donc sa couleur vous allez retrouver le stroke, donc c’est le border, les effets si vous voulez mettre des ombres et puis vous allez pouvoir exporter les différents éléments que vous sélectionnez. En haut, vous avez trois petits onglets un onglet design qui vous permet de concevoir un onglet prototype vous allez pouvoir créer des interactions.

Peut-être tu pourrais nous montrer la logique, juste créer rapidement deux artboards et les relier entre-elles comme ça on comprend bien cette notion? Alors je vais créer un premier artboard, donc pour créer un art board il faut utiliser en fait cet outil sur la droite on vous propose directement différentes différents types de frames. Donc là on va par exemple prendre un iPhone, comme ça. On va créer un premier un artboard qui s’appelle la vue A et puis on va créer un artboard vue B.

Alors là vous voyez vraiment des vues de téléphone, des écrans de téléphone. J’allais pouvoir faire, je fais deux visuels différents. Mais on va prendre par exemple ça, c’est la vue A et là la vue B et ensuite. Vous pouvez créer des interactions en cliquant donc sur l’onglet « Prototype ». Vous voyez, quand on sélectionne un élément où vous avez ici un petit cercle avec un plus il y a juste à faire un drag and drop et l’envoyer sur votre page de destination. Si vous voulez qu’en cliquant sur le carré rouge on revienne sur la vue A, vous faites exactement la même chose voilà. Là vous avez créé une interaction. C’était extrêmement simple. Voilà comment ça fonctionne, j’y reviendrai plus tard mais en tout cas Figma vous permet non seulement de concevoir mais également de prototyper

Tu peux peut-être nous montrer le « Play » maintenant? Quand on clique sur « Play ». Juste attendre que sa charge un peu. Donc là, j’ai ma vue A et quand je vais cliquez sur le bouton gris, je tombe bien sûr la vue B. Si je re-clic sur le carré rouge, je retombe sur la vue A. C’est un exemple hyper basique, un hyper simpliste ici. Mais imaginez bien la puissance de cet outil là. C’est qu’en quelques minutes, on est capable de simuler des écrans d’un produit, d’une application, d’un site web, d’une plateforme.

Alors après il faut voir le bon designer pour après mettre les bons contenus, les bonnes images etc. Mais voyez la vitesse et à quel point on peut simuler un produit qu’ils allaient réaliste et ses interactions. C’est ça qui est vraiment gérer un game-changer dans ce monde du design. C’est que voilà on peut extrêmement facilement simuler un produit fini plutôt que de construire le véritable produit pendant des mois avant de le montrer à quelqu’un.

Complètement et pour terminer vous avez le troisième onglet donc c’est la partie « Inspect ». Je la montrerai mieux un peu plus tard mais ça ça permet que une fois que vous avez terminé votre prototype il faudra le transmettre à votre développeurs. Le développeur va pouvoir en cliquant sur les différents éléments récupérer le code CSS pour l’intégrer. Donc je dirais que en termes d’apprentissage on est vraiment sur un apprentissage rapide. Vous êtes sûr des patterns connus. C’est une interface qui est vraiment épurée et intuitive.

Comme je le disais tout à l’heure le fait de passer sur Figma c’est réunir cinq applications en une. Pourquoi cinq applications? Donc la première c’est la conception de design, ensuite le prototypage, ensuite vous avez donc un mode de présentation que vous pouvez transmettre à votre utilisateur pour qu’il puisse vous faire des feedbacks. Vous avez l’inspection pour les développeurs et enfin vous avez Figjam.

Figjam

Figjam c’est un nouveau module de Figma (en fait un logiciel complet qui se lie à Figma). C’est comme un tableau blanc en fait. Souvent le comparer un logiciel comme Miro ou Mural. C’est un logiciel qui va permettre en fait de faire de l’idéation du design thinking, et de pouvoir collaborer à plusieurs de la même manière que vous pouvez le faire au niveau de la conception. Vous pourrez le faire en amont.

Alors je vais vous montrer à quoi ça ressemble. Donc là j’ai créé un fichier Figjam, et puis vous retrouvez un petit peu les différents outils que vous pouvez avoir dans Miro ou Mural. Des post-it des gommettes etc – Alors pour être francs on l’utilise pas encore dans nos designs sprint. A l’heure actuelle on utilise plutôt Miro ou Mural, mais on n’est pas du tout opposés à l’idée d’utiliser Figjam, qui est encore un peu jeune comme logiciel.

Ouais tout à fait, mais je pense qu’il faut garder un œil sur Figjam, parce que il est quand même pratique et surtout il est intégré dans Figma. Donc comme on utilise de plus en plus pour le prototypage ça pourrait être intéressant de l’utiliser en amont pour la partie réflexion, idéation.

Pour nous aussi dans un design sprint l’idée c’est de fournir les outils les plus simples possible à nos participants. C’est sûr que si on peut partager un seul lien de projet, par exemple, et que on a Figjam et Figma tout intégré. Et puis on passe toute la semaine avec les mêmes logiciels plutôt que de passer d’un logiciel à l’autre au cours de la semaine. Pour nous on a vraiment tout à y gagner donc ça a été un peu pensé de ce point de vue là vu. Que les designers utilisent Figma pour prototyper et il essaient de remonter un peu plus haut en on proposant Figjam – Exactement.

Figma – logiciel collaboratif

Ensuite un des gros avantages et ça tu l’a très bien dit Steph, au niveau de Figma, c’est que c’est avant tout un logiciel collaboratif donc l’objectif quand on fait un proto, ou quand on travaille au quotidien sur du design d’interface. Quand on est tout seul bon bah on peut utiliser effectivement n’importe lequel. Mais quand on commence à travailler avec plusieurs designers dans son équipe, eh ben, c’est quand même vraiment appréciable de pouvoir faire intervenir différentes personnes. Que ce soit des designers, que ce soit des personnes qui vont intervenir sur les textes, sur le wording. Ou encore des personnes qui sont à l’autre bout de la chaîne comme des développeurs qui vont intégrer et donc grâce à la puissance de Figma on peut intégrer. Alors j’ai vu jusqu’à 1000 utilisateurs simultanément donc ça paraît incroyable, mais parce qu’on n’a pas été jusque là…

Je pense pas que ça soit une très bonne idée d’ailleurs de faire bosser mille personnes en même temps sur le même fichier. Ca va pas donner grand chose. Non en tout cas d’expérience Steph, on a déjà eu une bonne dizaine de personnes, et l’outil est très stable donc ça c’est une bonne chose.

D’ailleurs quelque chose de vraiment intéressant au niveau de la collaboration sur Figma et ça revient un petit peu ce qu’on disait au début. En tant que designer c’est pas facile de lâcher. C’est à dire il y a un chemin mental à faire, il faut faire un peu de chemin pour accepter que d’autres personnes entrent dans son fichier de travail. Finalement parce que traditionnellement le designer il un peu maître de son fichier. Il est maître de son design graphique et c’est vrai que c’est pas très agréable d’avoir plein de personnes autour de vous qui commencent à pousser des pixels, il commence à changer les textes.

C’est un apprentissage que vous devez faire sur vous même. Et en fait on se rend compte nous en tant que designer, la qualité que ça amène parce que finalement. Vous pouvez travailler en direct avec les meilleurs experts du domaine. Typiquement vous êtes en train de créer un proto, si vous voulez mettre des vrais chiffres, vous même vous n’êtes pas un expert de l’énergie solaire, par exemple, mais vous pouvez travailler avec des gens qui sont experts de ça. Donc ils vont pouvoir prendre l’outil texte mettre les vrais chiffres et votre fichier en fait ils s’améliore presque tout seul parce que tout le monde collabore au sein du fichier.

Ca demande un petit peu d’ouverture d’esprit, un petit peu de savoir comment travailler aussi … de ne pas arriver sur les plates-bandes de l’autre. Mais quand on sait travailler, quand on sait le faire. Le gain de temps et la qualité de ce qui en ressort est absolument phénoménale. Je pense que c’est vraiment un des apports massifs de ce logiciel Figma.

Tout à fait, et on peut rajouter également que Figma a depuis peu proposé une nouvelle fonctionnalité. C’est une fonctionnalité qui permet de faire des conversations audio. Donc tout en travaillant sur un projet, vous pouvez totalement appeler un de vos collègues et partager votre expérience sans forcément quitter le logiciel ou utiliser un autre logiciel comme Zoom ou Meet. Vous pouvez tout faire directement dans Figma.

Intéressant ouais, peut-être Julien tu voudrais partager avec nous du coup un fichier plus complet où on voit un vrai fichier de travail? Il y a de cela deux mois j’ai commencé à m’interroger sur le fait de migrer un gros projet sur lequel je travaille depuis deux ans sur Figma. Donc, croyez moi, je me suis posé mille questions de me dire « est ce que tu fais mon choix? ». En sachant que jusqu’à présent je travaillais sur Sketch, que Sketch me convenait il était robuste je travaillais avec un combo Sketches et Invision.

Et qu’à chaque fois je devais synchroniser mes design sur Invision et ça me prenait beaucoup de temps. Et puis du coup de l’autre côté j’avais un développeur qui me demandait à chaque fois ci c’était la dernière version. Et là je me suis dit « bon, est ce que ce serait pas l’occasion de tester une migration sur Figma? ». Donc je vais vous en parler après mais tout ça pour vous dire que le fichier que vous voyez là c’est le projet sur lequel je travaille.

Tu as combien d’écrans sur ce projet? Alors je pense que je dois approcher un plus de 100 artboards. Vous voyez il y a la version desktop, la version mobile avec à chaque fois c’est décliné mais voilà il y en a un paquet. Donc je vous expliquerai comment ça s’est passé.

Est-ce que j’ai eu des sueurs froides? Ou est ce que finalement ça a été très simple de migrer? Juste pour la petite histoire, quand vous voyez un fichier comme ça. Donc ça c’est vraiment un fichier professionnel de en fichier final quasiment d’une application, avant qu’elle soit envoyée aux développeurs. Vous voyez ici tous les liens entre les pages des interactions. C’est des mois de travail pour aboutir à ça.

Vous voyez bien la masse d’informations qu’il y a et le niveau de détails… Peut-être si tu peut zoomer sur un ou deux écrans comme ça on voit mieux. Mais en fait je pense que c’est important que vous rendiez compte du travail qui est fait par les designers derrière. Quand on peut donc créer un produit et du travail qui est engagé.

Quand on crée une nouvelle App, j’ai des fois les clients qui viennent et qui ont un budget de 2000 euros pour faire une App. Et qui croient que ce sera fait en une semaine. NON vous voyez? Voilà ce que ça représente de créer une app. Parce qu’il faut tout penser, maquetter, tous les états tous les écrans, parce que dès qu’on commence à développer (coder) quelque chose il faut que ce soit plutôt bien organisé et complet. Car sinon les développeurs sont un peu perdus et ne savent pas comment progresser.

Ca c’est vraiment le travail de Julien en tant que UI designer de passer ce temps-là, cette énergie à designer tous ces écrans. Exactement donc voilà je vous en parlerai un petit peu plus tard ce que je voudrais souligner mais pour aller un petit peu plus loin pour des gens qui s’intéressent davantage à Figma. Moi ce que ce que j’aime particulièrement dans le logiciel c’est les possibilités en termes d’interactions. J’ai essayé Invision, Sketch ou Adobe XD. Ils permettent certaines choses mais à chaque fois il y a quelque chose que j’ai pas…

Dans Figma je peux faire du clic je peux faire des drags-drop je peux faire du swipe, que je peux faire du hover je peux définir qu’il avoir une interaction après un délai, et je peux créer plusieurs interactions sur un même élément. Ensuite c’est les animations proposées ce que je peux avoir du move-in, du push, je peux avoir du slide et même du « smart animate ».

Alors le « smart animate » c’est c’est génial hein vous avez deux vues: une vue A et une vue B et vous arrivez à créer une interpolation entre les deux vues ce qui donne des animations plutôt sympa.

Ensuite dans Figma vous avez la possibilité de partager des librairies de composants donc quand on travaille en équipe. On essaie de travailler on va dire pour être le plus productifs, le plus efficace possible. L’objectif c’est de pouvoir ne pas réinventer la roue, et quand des composants sont prêts, c’est de pouvoir les mettre à disposition du reste de l’équipe. Et pour ça vous pouvez créer des librairies c’est des librairies ensuite que vous allez pouvoir activer.

Imaginons que vous avez un nouveau collaborateur qui rentrent de votre équipe et bien lors de l’onboarding, vous lui dites « on met à disposition notre librairie de composants » et de suite il va avoir accès aux boutons, aux inputs, aux checkboxes, aux radio buttons… A tous les composants qui composent votre design d’interface. Et lui il aura plus qu’à faire des drag and drop et de cette manière là.

Vous avez la possibilité de mettre à jour la librairie et du coup d’actualiser automatiquement l’ensemble des projets sur lesquels sont utilisés ces composants. C’est extrêmement puissant.

Ce qui est vraiment super intéressant avec Figma c’est que c’est autant un logiciel de prototypage rapide où on peut être à 7,8 sur un fichier et bouger les choses très rapidement. Mais c’est aussi un logiciel de production design vraiment finale où on va pouvoir transmettre en fait ces design aux développeurs. Comme tu en parlais avant Julien, si tu cliques sur un élément par exemple on verra qu’il y a le mode « Inspect ». Le développeur peut directement en fait récupérer les morceaux de code.

Ici vous voyez du code CSS, de la feuille de style, et il récupère exactement les dimensions de l’élément. Il peut récupérer les codes couleurs etc. Donc ça va quand même vraiment très loin comme logiciel. C’est extrêmement pointu. Et je pense que d’une réticence au départ de beaucoup d’entreprises avant de passer sur Figma c’était « oui mais on a tout construit dans ce Sketch », avec Zeppelin et des plugins comme ça qui permettent le lien vers les développeurs, et bien on se rend compte que Figma maintenant a intégré tout ça et on peut vraiment « at scale ».

Donc pour des très grands entreprises qui travaillent sur des produits finis extrêmement complexes on peut absolument tout faire maintenant avec Figma. Dans le navigateur, ce qui est assez impressionnant.

Ensuite dans les choses que j’apprécie particulièrement c’est la flexibilité au niveau des composants. donc là je rentre on va dire en profondeur à part dans les détails de de figues ma mais en face que ce que j’apprécie vraiment c’est le film que dans Figma la montre est vraiment les composantes les propriétés des composants de manière individuelle. En fait vous pouvez override est un composant un composant.

Qu’est ce que c’est d’abord. C’est un élément que vous allez pouvoir utiliser à plusieurs reprises typiquement un bouton. Tu pourrais nous montrer un exemple? Ouais tout à fait donc ça par exemple, c’est un composant que j’ai créé au départ. Je me suis dis que dans mon design d’interface j’allais avoir plein de boutons et j’ai pas envie à chaque fois de devoir recréer un bouton.

L’idée c’est qu’il y ait un composant maître, c’est celui-là qui est ma référence, donc voilà à quoi ça ressemble. Voilà ça c’est mon composant maître. Je peux également lui définir différents états on peut imaginer que quand on va présenter la maquette à l’utilisateur. Ben il pourra voir que quand on passe sur le bouton il y a un léger hover on peut créer différents états et donc l’idée c’est de se dire ce composant. Là on va l’utiliser partout sur les maquettes et à chaque fois qu’on va l’utiliser et bien prenons ici.

Je propose que tu change la couleur de tous tes boutons en vert caca d’oie. Est ce que tu es capable de le faire en deux minutes? Ouais tout à fait… (rires). Là on peut imaginer que. J’ai lui fait détruire son App en live (rires). Alors ce bouton là actuellement il est en rose voilà. « Vert caca d’oie, Comic Sans ».

Hum, alors du coup lui donner une autre couleur on va les mettre en vert, et vous allez voir. En fait que tous mes boutons dans l’application ont été changés en vert sur 150 écrans d’un coup. Exactement. Donc là, on va par exemple voir si j’ai bien fait les choses. On s’aperçoit que tous les boutons ils ont été changés en vert et alors ce qui est très intéressant, c’est que vous pouvez bien évidemment les overrider. Parce que le bouton au départ je vous ai mis le texte « enregistrer » et on peut imaginer ici mettre « valider ».

Peut-être vous vous demandez pourquoi ce qui fait pas des sauvegardes en fait de son fichier. Tu peux nous en parler? Alors, effectivement Steph l’avantage de Figma, c’est qu’il garde toutes vos modifications en Live. Il n’y a absolument pas besoin de le faire un fichier sauvegardé ou un « Pomme+S ». Tous les éléments sont sauvegardés un petit peu de la même manière que Google docs.

D’ailleurs c’est intéressant ce que tu dis parce que Google docs a vraiment été l’inspiration de départ de Figma je l’ai pas dit avant. Mais donc en 2012, 15 -on sait pas exactement mais à peu près dans ces eaux là- quand les créateurs de Figma lancent le logiciel dans un marché qui est déjà over saturé. Ils viennent avec cette idée de lancer quelque chose dans le navigateur. Donc sans installation PC et Mac etc. Mais voilà ils viennent aussi avec cette idée, cette référence à Google docs. Que c’est un simple lien qu’on peut partager et les gens peu facilement fait le modifier, ça autosave, et c’est cette référence à Google docs qui accélère vraiment le processus.

Cette logique en fait a vraiment inspiré Figma tout comme d’ailleurs Sketch avait été inspiré par Apple Keynote, par exemple. C’est intéressant de voir des logiciels en fait de création de slide, qui inspirent des logiciels de design. Je trouve vraiment ça intéressant. Complètement, et au même titre que la sauvegarde la synchronisation tout ce que vous faites finalement le l’utilisateur final qui est en mode « preview » il a directement accès à la dernière version de notre fichier.

Ca c’est vraiment pas mal. Et puis vous avez également une notion de versioning. Donc on peut imaginer qu’un jour, vous avez fait une grosse bêtise vous dites « oh là là mais en fait on a tout pété » et ben vous avez la possibilité de revenir en arrière. De revenir à une version antérieure et de restaurer cette version. Donc ça c’est vraiment un gros point fort.

Alors moi j’aimerais bien vous parler en fait de cette migration que j’avais effectuée depuis Sketch. Parce que pour le coup je me suis dit « Comment ça va se passer? » C’était très simple, j’ai créé un nouveau projet j’ai demandé en fait à Figma d’importer un fichier Sketch, parce que oui,

Figma importe des clichés Sketch! et puis j’ai laissé mouliner, mais alors il faut savoir que mon fichier était quand même assez assez gros… c’est pas un énorme cliché mais je pense qu’il pesait un peu plus de 100 mégas – Donc c’était ce fichier-ci, c’est ça? Voilà, c’était ce fichier qui ressemblait plus ou moins à ça dans Sketch. Que j’ai un petit peu reformaté et puis j’ai laissé mouliner.

Mais j’ai attendu peut-être dix minutes. Ca dépend de votre connexion et au bout de 10 minutes on, m’a dit « c’est votre fichier il est prêt » et là surprise. J’ai ouvert le fichier et je me suis rendu compte que tout avait été conservé. Et quand je vous dis tout a été conservé ça allait jusqu’aux composants. Donc je me suis dit « non mais c’est pas possible, comment ils ont fait? »

J’ai vraiment regardé l’ensemble des artboards qui était devenus maintenant des frames dans Figma. Et je dois dire que j’ai été relativement surpris par la qualité d’importation et la restitution.

Qu’est-ce que j’ai fait ensuite? Parce que forcément j’ai quand même travaillé un petit peu pour le remettre en forme évidemment. J’ai refait les interactions parce que les interactions je les avais pas faites dans Sketch mais dans Invision. Donc ça je les ai perdues mais je le savais, et ensuite je me suis refait mon petit design system avec mes composants, mes différentes couleurs, mes différents composants avec des input. J’ai même créé des interactive composants, puisque maintenant dans Figma vous avez la possibilité de créer différents états.

Vous voyez par exemple là vous avez une checkbox vide et une checkbox cochée. Pareil pour les radios buttons, je me suis de suite amusé avec les nouvelles fonctionnalités que je pouvais pas avoir dans Sketch. Je dois dire que je ferais pas machine arrière maintenant qu’il est bien propre mon fichier. Je vais continuer utiliser Figma jusqu’à ce qu’il y a un autre logiciel qui le devance (rires).

Alors c’est ça donc vous voyez que Julien est devenu un peu un fanboy de Figma, et moi aussi je dois dire. Mais on n’est pas du tout mariés à Figma. Le jour où quelqu’un d’autre par exemple Adobe XD mettent les bouchées doubles et font quelque chose de vraiment mieux. Par exemple ils intègrent la vidéo vraiment bien, c’est pas du tout impossible qu’on on re-migre vers un autre logiciel. On reste vraiment flexible.

Pour l’instant en 2022 au moment où on vous parle Figma nous sommes clairement au dessus de la mêlée. Pour ses fonctionnalités de partage facilité d’intégrer les gens dans le projet de composants de librairies et tout ça. On a vraiment l’impression que c’est un logiciel qui est voilà qui est dans l’air du temps qui permet autant de prototyper et des choses rapidement que d’avoir des fichiers de production d’une extrêmement haute qualité.

Est-ce qu’on passe à la partie combien ça coûte! « Combien ça coûte? » est ce que peut-être tu pourrais trouver la page pricing sur leur site? Parce que on se le dise on n’y comprend rien on sait pas du tout combien c’est pas du tout clair. Ca a l’air clair en fait, mais en vrai c’est pas très clair. Donc vous avez un plan Figma gratuit.

Peut-être Julien parle-nous du gratuit. Oui tout à fait. Alors faut savoir que le gratuit il est peut être avantageux pour les personnes qui ont peu de projets. Là en l’occurrence sur le plan Starter vous pouvez créer jusqu’à trois projets. Pour vous donner un exemple le projet que vous avez vu précédemment, il est fait avec un plan Starter.

Alors dans le plan Starter vous allez être simplement limité au nombre de pages en l’occurrence j’utilise trois « pages » donc c’est le maximum autorisé. Alors justement, ça il faut dire quelque chose: les « pages » c’est pas les vues des applications peut-être ça pourrait montrer à quoi ça ressemble? C’est vraiment pas clair du tout.

Les pages c’est les pages que vous retrouvez ici, si vous en créez plus de 3 Figma va vous dire vous de les placer sur un plan professionnel ou payant. Donc ce qu’ils appellent une page c’est plus une sorte de gros fichier qu’une collection d’art board. Par contre ils ont changé un petit peu leur pricing puisque maintenant vous pouvez intégrer autant de collaborateurs, autant d’éditeurs sur votre projet. Chose qui était limitée avant.

Et vous avez également un accès donc la possibilité de créer trois Figjam files. Donc le fameux tableau blanc pour faire du design thinking ou de l’idéation, c’est déjà plutôt un plan qui est assez avantageux. Et puis donc pour les plans professionnel du coup c’est moi qui vous en parle. C’est moi qui paye chaque mois les licences ce qu’il faut bien comprendre déjà c’est que à la différence d’un logiciel comme Adobe ou Sketch jadis, où on achetait le logiciel dans sa boite. On met le cd room.

Vous souvenez de cette époque? Où Photoshop coûtait 700 dollars mais du coup vous l’aviez pour toute la vie? Ben non on m’attendait vraiment dans des modèles d’abonnement. En fait on va payer au mois, donc soit vous pouvez vous avez un petit projet vous travaillez seul restez sur le Starter il sera gratuit pour toujours. Et ça c’est quand même très très malin d’avoir ce modèle freemium pour commencer.

Nous on est maintenant dans une agence et on utilise Figma de manière professionnelle, donc c’est normal qu’on paie chaque mois et nous on est sur le plan vert « Professionnal ». Qui est le plan donc à 12 dollars par éditeur par mois est en fait donc nous en fait, on n’a pas acheté le plan annuel, on a acheté le plan à 15 dollars par mois par éditeur. Et j’ai eu quelques petites surprises avec ça.

Parce que ce qu’ils appellent un éditeur, c’est que dès qu’on invite des personnes, qui peuvent modifier le fichier ils deviennent des éditeurs. Donc notre métier c’est de faire des workshops. On fait un workshop qui dure une semaine on a sept – huit personnes qui nous rejoignent le temps d’une journée pour prototyper. Et qui repartent. Et une fois j’ai reçu la mauvaise surprise de recevoir comme ça une facture de Figma de 450 dollars pour 1 mois. Parce que en fait pour de vrai on est une petite agence et on n’a que quelques comptes designers.

Donc habitués à payer environ 45 – 50 dollars par mois et là d’un coup j’ai eu 450 dollars: pourquoi? Parce que j’avais invité des clients qui on travaillé avec nous un jour, et qui étaient restés en éditeurs. Et du coup ça a fait monter la facture, bah oui. Donc je m’étais un peu énervé je leur avais envoyé un e-mail etc pour leur dire « non mais il y a une erreur, ils ont participé qu’un jour ». Et très sympas, ils m’ont remboursé la différence.

Six mois ont passé et j’ai reçu un nouvel email donc je payais mes 45 dollars etc chaque mois, et j’ai reçu un nouvel email à 350 dollars et je me dis « non qu’est ce qui s’est passé de nouveau? Et c’est le même problème? » mais en fait il y avait une petite différence dans l’email. C’est qu’en fait c’était pas une facture j’ai pas été facturé. C’était juste une note qui me disait « dans cinq jours vous allez être facturé des 350 $ parce que vous avez 15 éditeurs sur votre compte Figma ».

Et ça change tout! Parce que ce qu’ils ont fait c’est très malin. Il vous envoient ça. En fait c’est un récapitulatif de combien vous avez de personnes sur votre compte actifs, en tant qu’éditeurs, et combien ça va coûter mais ça VA coûter. C’est un état futur et vous avez un petit lien dans cet email.

Là je vous explique comment payer moins cher sur Figma. Donc écoutez moi bien- vous avez donc ce relevé de combien vous devrez payer dans quelques jours, vous avez un petit lien, vous pouvez cliquer. Puis là, ça vous envoie au tableau d’administration et vous pouvez en fait enlever des personnes en éditeur. Donc si c’est par erreur vous avez des clients qui ne doivent plus rester en éditeur vous pouvez les décocher, les mettre en visiteur simplement.

Du coup vous allez être facturé simplement 15 $ pour les vrais éditeurs que vous utilisez donc voilà. C’est vraiment un conseil que je peux vous donner ne laissez pas à Figma juste en auto pilote vous facturer chaque mois comme ça. Ayez une vision assez fine de ce qui est dépensé. Pour n’importe quel type d’entreprise ça peut être une petite entreprise comme la nôtre, une grande entreprise parce que il y a de bonnes chances que vous payez beaucoup trop parce qu’en fait vous payez pour des gens qui sont complètement inactifs qui ont été invités une fois et qui sont repartis.

Faites vraiment attention avec ça. Si vous êtes attentif et vous contrôlez chaque mois combien vous allez payer vous aurez aucun problème avec Figma. Et vraiment cette solution pour la qualité de ce qu’elle amènent qui est extrêmement abordable.

Exactement et je peux même rajouter je fais un petit parenthèse concernant les étudiants qui voudraient se former à Figma.C’est totalement gratuit. Il faut simplement faire une demande. Il y a un petit lien ici qui vous emmène sur un formulaire et vous recevez votre licence très très rapidement. C’est fait sous 24 heures en général, donc que vous soyez étudiant au formateur n’hésitez pas à demander votre licence étudiante. Et du coup c’est totalement gratuit.

Est-ce que là juste en regardant les fonctionnalités du plan « Organisation ». Est ce que tu vois un intérêt en fait qui c’est qui devrait passer sur ce plan-là? Je pense que là déjà on s’adresse à des organisations où il y a des départements de design, voire même des cross-départements, où il y a probablement des interactions entre différents acteurs. Je pense que ça peut valoir le coup quand, dans une organisation où il y a déjà plus de dix personnes qui utilisent Figma. Sprès je pense que ça va être on va dire plus sur du management, sur des choses beaucoup plus pointues. Sur le fait d’avoir des branches de pouvoir merger des projets.

Là on rentre vraiment sur des sur des choses qui sont poussées, qui ne touchent pas la majorité des utilisateurs. En tous cas nous on est sur un plan professionnel un plan vert et on est tout à fait contents avec ça. Mais je peux imaginer qu’ils y ait des besoins pour des très grandes entreprises. Mais j’avoue que je suis un petit peu perdu par à quel point le prix augmente par éditeur. Enfin voila j’ai un peu de peine à comprendre honnêtement ce pricing pour les grandes organisations.

Peut-être si quelqu’un regarde cette vidéo chez Figma, c’est volontiers si vous pouvez nous amener des précisions parce qu’on trouve un peu cher..Voilà voilà (rires)

Je pense que on va a conclure: qu’est ce qu’on peut dire: à qui s’adresse Figma, Steph? « A qui s’adresse Figma? » je dirais, bon évidemment aux designers qui vont faire du design UI et donc des dizaines d’écrans de sites web et d’applications mobiles etc…

Bien sûr, mais aussi aux chefs de produit, à aux équipes qui collaborent avec des designers. Nous on est vraiment dans le design sprint donc dans ces workshops d’innovation, c’est aussi un excellent logiciel de prototypage rapide. Donc je dirais à toute équipe ou start-up qui doivent mettre en image des concepts en fait et rendre tangible les idées des prototypes.

Donc ça peut être des start up qui cherchent du financement, qui veulent présenter des choses à des investisseurs. Ca peut être voilà la personne passionnée qui veut faire des apps dans son coin. Je pense que c’est vraiment extrêmement ouvert comme marché. Et c’est plus du tout la petite niche de designers experts qui utilisaient Mac qui était visé par Sketch à l’époque.

Ca c’est vraiment énormément démocratisé. Exactement!

Top Julien, un grand merci d’avoir partagé tout ça avec nous, vraiment hyper cool. J’espère que cette vidéo vous a plu n’hésitez pas à vous abonner à la chaîne ça nous fait plaisir déjà. Comme ça on va refaire d’autres vidéos sur peut-être d’autres outils!

On vous laisse avec ça, à très bientôt!

Pour en savoir plus sur le prototypage lors d’un design sprint: Prototyper

L’application présentée dans l’épisode désignée par Julien: https://auto-ecole.app


Comprendre le Design Sprint en deux minutes

Comprendre le Design Sprint en deux minutes

Salut à tous Steph Cruchon de Design Sprint Ltd. Aujourd’hui je me suis mis le défi

de vous expliquer ce qu’est le Design Sprint en  moins de deux minutes c’est parti. Quelle est la promesse du design sprint et pourquoi est-ce-que  autant de personnes sont intéressées par le format?
c’est qu’en fait c’est un accélérateur c’est  un raccourci si vous réfléchissez la plupart des projets d’innovation la manière dont ça  se déroule c’est que au départ on a une idée ensuite on va construire cette idée, ça peut être en digital mais pas forcément ça peut être quelque chose de physique  aussi où on va on va créer le produit on va le
lancer sur le marché et puis ça va prendre tout ça prendra un deux trois ans et enfin on aura les consommateurs qui auront le produit dans les mains que ce soit une application un site web en produits physiques ça pourrait être une  stratégie bien sûr et le problème c’est que au bout de un deux ou trois ans on nous dira ce  qui fonctionne et ce qui ne fonctionne pas ce qu’ils aiment ce qu’ils aiment pas mais on s’est  souvent beaucoup trop tard toute la promesse du sprint s’est en fait de de-risquer le  projet au maximum et donc de se confronter à l’avis des consommateurs ou des testeurs à  la fin du sprint c’est à dire en jour 5 (le vendredi) donc on
commence le lundi avec en gros quelques vagues  idées voire plutôt des problèmes et on va ensemble concevoir une solution qui va être prototypée et présenté à des utilisateurs type (ou clients) en jour 5, qui nous diront ce qu’ils  aiment et ce qu’ils aiment pas je dirais que le design sprint ce qui fait sa force vraiment  ça a quel point le processus est tangible et pragmatique on voit tout de suite la différence  entre le lundi où on entre avec plein de problèmes et on termine avec un prototype qui est testé sur  des consommateurs et c’est un moyen d’accélérer
drastiquement les projets d’aligner les équipes  et d’enseigner les processus de design et la co-création aux équipes voilà ça va bientôt  sonner je vous laisse avec ça et à bientôt pour de futurs design sprints – bye bye! …


Facilitateur de workshop interne ou externe?

Facilitateur de workshop: interne ou externe à l'entreprise?

Steph Cruchon revient avec Fabrice Liut sur une question très importante: le facilitateur d'un workshop doit il être interne à l'entreprise ou être un consultant externe?

Salut à tous c’est Steph merci à tous de regarder cette vidéo. Aujourd’hui je suis avec mon ami Fabrice Liut.

Salut Fab’! Salut Steph! Et on s’est dit qu’on allait faire une vidéo les deux. En fait pour parler d’une problématique importante liée au design sprint et à la facilitation. Qu’est ce que c’est Fab cette problématique? – C’est de parler de l’importance de travailler, de continuer de coopérer avec des facilitateurs qui sont externes à une organisation. C’est ça qui me questionne.

J’ai envie de discuter de ça avec toi Steph, c’est parce que de plus en plus je vois les organisations qui ont envie de se former, de former leurs managers, ou de former des personnes de leurs équipes à la facilitation. Pour que du coup ils puissent avoir une plus grande autonomie en fait à tout pouvoir gérer en interne sans forcément avoir le support de personnes qui sont externes à l’organisation.

Et je vois des choses qui sont intéressantes par rapport à cela. En même temps je vois beaucoup de biais et de chose qui peut un peu enfermer l’entreprise. J’avais un peu ce ressenti et besoin d’avoir, toi ton expérience, pour qu’on puisse partager ça aux autres aussi.

Bien sûr voilà en fait la position dans laquelle on vous parle on est bien sûr des facilitateurs externes donc on fait quasiment que ça. C’est notre métier d’être facilitateurs de workshops et de design sprint. Et bien sûr on a peut-être aussi plus d’expérience sur ces méthodologies vu qu’on fait que ça. Les gens qui mènent des workshops ou des sprints en interne ont peut être pas non plus la même expérience, mais c’est vrai qu’on voit un certain nombre de choses qui semblent importantes, de pourquoi est-ce que c’est utile d’avoir ce regard extérieur…

C’est déjà des feedbacks de participants avec lesquels j’ai pu travailler. Ne serait-ce qu’il ya une semaine tu vois où même au même hier d’ailleurs ils en ont parlé aussi feedback à la fin d’un sprint qui disait « ben tiens pour une fois on a fait des ateliers post-it qui servent à quelque chose » et ce type de feedback que j’ai beaucoup entendu m’a toujours beaucoup dérangé. Parce que moi je vois une grosse importance à utiliser des post-it pour pouvoir faire avancer des choses.

Et du coup quand je les questionne, je leur dis « ben pourquoi ça servait à rien? » Il dit « non mais parce que c’était fait par quelqu’un interne. Lui il était ingénieur donc c’était par un autre ingénieur qui du coup est passé par une formation, que son manager lui a entre guillemets obligé à faire sur le design thinking, sur deux jours. Donc, du coup après au bout de deux jours il avait son certificat suite à cette formation.

Et derrière c’était attendu qu’il anime des ateliers donc, il animait des ateliers. Mais malheureusement pour lui. Et ça c’est un des points que j’avais envie de partager avec toi pour avoir ton feedback aussi. Pour moi typiquement des de la démarche de facilitation, d’accompagnement de groupes et de démarche design, c’est pas quelque chose qui peut s’apprendre en deux jours seulement et d’avoir un certificat… C’est quelque chose qui nécessite d’être en apprentissage plutôt pair à pair et du coup plutôt d’une logique de mentorat et d’accompagnement, voilà…

Je sais pas toi ce que tu en penses? Même, ça passe complètement par l’expérience. Je te suis complètement. On arrive donc pas mal d’entreprises ont même des workshops et puis des fois comme on dit j’ai vu ça il ya quelques semaines. Je commence le workshop, je demande à tout le monde c’est introduire. Donc simplement avec quelques post-its pour se présenter. Et la première chose qu’une personne a écrit. La premièr ligne c’est « je déteste faire ce genre de trucs ». Et là tu te dis « okay… ». T’arrives pas dans un super contexte parce qu’il y a eu des expériences préalables qui étaient pas bonnes. Parce qu’ils ont fait… voilà des tas de workshops pas bien…

Et du coup c’est pas toujours simple d’arriver dans un contexte tu dois un peu rattraper une situation départ qui est pas bonne. Et comme tu le dis, très souvent, quand ça a été mal mené ou mal fait, c’est parce que ça a été un peu improvisé à l’interne. Et que c’est un métier simplement de en fait de mener des workshops ou de faciliter. Et moi , j’ai toujours un petit peu étonné de l’importance qui est donnée à ces workshops.

C’est à dire quand on fait des workshops, c’est toujours sur des pratiques qui sont importantes. Donc on donne beaucoup d’importance et du temps et des personnes qui sont qui sont au top finalement pour y participer. Et des fois l’impréparation de certains, qui mènent ces workshops, et je trouve qu’il ya vraiment un problème de balance par rapport à ça.

Donc si le workshop est important, hé ben engagez des personnes qui le font bien. C’est le métier. Si le workshop du coup est pas important, ben faites la pas! Faites autre chose … mais c’est quelque chose que j’ai pu voir assez fréquemment dans les entreprises. Et puis dans l’autre sens j’avais eu les feedbacks aussi intéressants. Justement de ces personnes qui avaient été formées en interne et qui avaient pas encore beaucoup d’expérience. Mais qui était attendues sur le fait de faciliter des ateliers qui eux pourraient être importants.

Et au final les ateliers qu’il animaient duraient deux jours. Du coup ils m’expliquaient en fait pour être sûr d’avoir une présentation bien chiadée, bien calée, tout bien posé avec des canvas pour le groupe… Ben on était à deux on a passé quatre jours pour tout préparer. Et du coup là pour un des décideurs dans l’organisation il ya quelque chose qui pour moi par est vachement important c’est s’il ya de ressources engagées sur quatre jours de travail, ça fait huit 8 jours de travail pour deux collaborateurs. Pour deux jours d’atelier qui mobilisent encore d’autres collaborateurs ça peut coûter extrêmement cher aussi à l’organisation.

Alors que si jamais tu commandes quelqu’un qui est expérimenté -si tu l’as en interne tant mieux, mais si tu la pas en interne, il vaut mieux se tourner vers quelqu’un qui va pouvoir faciliter. Le design sprint ça sera un autre sujet pour une autre notre discussion, mais pour préparer cinq jours, si j’aimais, t’y passes quinze jours ça n’a pas de sens.

Le sujet c’est de se dire « comment est ce qu’on peut préparer en une demi-journée maximum pour être sûr qu’après tout va se passer dans l’expérience ? » Voilà c’est un peu ce que j’ai en tête. ONous on a cet énorme avantage, maintenant vu ça fait six ans qu’on fait du design sprint avec des outils, des ressources qu’on a déjà créé, et que le format on le connaît par coeur. On est capables justement de le préparer rapidement, préparer le prochain sprint, parce que finalement c’est des tas de choses qu’on maîtrise déjà.

Mais si je devais me préparer un nouveau workshop à chaque fois, où des nouveaux outils etc c’est juste absolument chronophage et même pas vraiment possible. Donc oui, c’est quelque chose, des fois, je pense qu’on en demande trop des fois aux personnes de l’interne, comme tu le dis, qui sont développeurs etc… et qui doivent improviser un workshop waouh. C’est quand même un métier Moi j’ai pas envie d’improviser de coder du code Java vous voyez ce que je veux dire. Ca reste un métier.

Aussi y’a une chose j’ai pas ce que tu en penses mais je pense qu’on a quand même un avantage un « unfair advantage » en arrivant de l’extérieur. C’est que finalement on n’est pas de l’interne, donc on peut aussi « imposer » un petit peu nos règles, des formats ou un certain focus. Qui je pense est beaucoup plus difficile à faire quand tu es de l’interne et que tu veux que ton boss participe et donne du temps pour le workshop.

Comment tu vois ça toi ton côté? De mon côté en tant que facilitateur extérieur je n’ai pas aux yeux des autres, j’ai pas d’intérêt dans le fait d’orienter des choses dans un sens ou un autre. Donc du coup j’apporte ce regard neutre. J’apporte une orientation qui est neutre et en général c’est reçu manière beaucoup plus confortable. Alors même si les gens savent qui a fait venir le facilitateur par rapport à quel projet, parce qu’il y a toujours des logiques de politique interne.

Forcément si jamais la posture du facilitateur et bien posée en arrivant en disant que lui n’a aucun intérêt sauf l’intérêt du projet en soi, et que lui il n’y a pas une logique de carrière ou une logique de quoi que ce soit ça apporte quelque chose qui est intéressant. Et en plus de ça, ce que j’aime bien apporter en plus de cette neutralité, c’est même une neutralité en fait sur le sujet. Sur les questions tu connais personne des fois je connais pas du tout le produit ou les services de l’entreprise et je vais poser des questions qui sont complètement complètement « débiles ». Ou je vais leur poser des questions qui va les forcer à expliquer des choses qui pour eux sont ultra évidentes. Et donc du coup ils sont obligés un peu de décomposer ce qui pour eux est évident et d’arriver à l’expliquer.

C’est souvent ce qu’on aime dire c’est « si t’es capable d’expliquer à un enfant de 8 ans ». Je pense que le facilitateur extérieur il peut vu qu’il est neutre sur le sujet de l’entreprise amener des questions d’un enfant. Et forcer les personnes à clarifier leur compréhension dans quoi on est quoi. Absolument, tu en fait autorisé à poser des questions bêtes. Moi je me souviens, d’avoir mené un sprint dans le domaine de la cosmétique. Voilà j’y connais évidemment rien en cosmétique mais par contre je suis expert de la méthode du processus de design. Donc je viens en tant qu’expert de la méthode, mais je suis pas expert métier. Et ça m’autorise de poser les questions bêtes finalement. Mais finalement qui met tout le monde à l’aise parce que ça permet de répondre à des choses qui peut être les gens n’osent plus demander parce que ça devrait être acquis. Et est en fait tu peut en effet mettre le doigt sur un truc qui est important. Ca c’est vraiment utile.

Juste pour compléter, il ya le côté complètement « des questions d’enfants » qui forcent à clarifier tout ça. Et après tu vois il ya par exemple la sortie de workshop, c’était pareil « mais du coup toi qui intervient dans plein de types d’entreprises différentes. Est ce que tu détectes vraiment des grosses différences entre nos entreprises ou est-ce que tu détectes des choses qui sont similaires? »

Forcément je leur explique, qu’il ya des choses qui sont très différentes par rapport à vos spécificités, vos postures, voilà, ce que vous faites. Mais en même temps, en effet, vous restez des personnes dans des entreprises. Et donc il ya des problématiques qui sont communes. Il ya des bouts de vos systèmes qui sont communs. La réponse c’était  » Ah ben du coup, dis nous! Si t’as réussi à résoudre des problèmes chez les autres, par rapport à des trucs que tu as vu chez nous. Il faut que tu nous dises pour qu’on puisse les résoudre aussi! »

Il ya mine de rien, cette recherche de se dire le facilitateur extérieur il est là aussi pour pouvoir sans forcément parler des sujets desquels il faut pas qu’on parle des autres entreprises parce qu’on a signé des NDAs. Ou quoi ce soit, mais juste de parler de choses macro ou de choses de fond « au niveau organisationnel. Il semblerait que vous aussi vous ayez le même biais que là-bas et là bas. On a vu qu’on pourrait peut-être travailler sur ça sur la gouvernance ou sur le sponsoring pour débloquer ça au niveau des décideurs… ». Et du coup tu peux leur donner des tips et des astuces pour qu’ils puissent arriver à faire évoluer les choses dans leur entreprise. Ca c’est un point de vue aussi que peuvent pas voir parce qu’ils sont la tête dans leur bateau.

Tu peux leur apporter aussi ce qui se passe dans les autres bateaux. Je trouve ça c’est génial. Tout en respectant les NDAs. C’est super important et dieu sait qu’on en signe, on les respecte toujours. En fait cette version, cette vision transverse qu’on peut avoir vu qu’on passe d’entreprise en entreprise. Ce que je vois aussi je pense que tu le ressens aussi. Mais les gens croient toujours qu’ils sont les seuls dans cette situation. Ils sont « ouais on a des problèmes avec la digitalisation chez XXX… » et ils croient que c’est vraiment les seuls au monde. En fait non: tu passes dans toutes les entreprises ils rencontrent les mêmes problèmes, les mêmes questions reviennent, les mêmes soucis de hiérarchie, de dynamique.

C’est super intéressant d’avoir cette position cross entreprises et aussi pour dédramatiser. Leur dire « oui vous avez ces problèmes, mais vous savez quoi? tout le monde les a! ». Donc on mettre la petite coche ici. Maintenant que tout le monde les a, est ce qu’on est ok de les résoudre ensemble? Et c’est aussi ça qui est intéressant.

Je pense aussi qu’un intérêt quand tu es externe, c’est le rapport à la hiérarchie. En fait, si tu es un UX designer dans une entreprise ou un développeur, et que tu doit faciliter un workshop. Et qui a ton N+1 , N+2, N+3… Dont quelque un de très important du’il est à la table. C’est très très compliqué d’avoir ton petit timer puis de dire « désolé Bob… on doit passer à l’exercice suivant. Tu peux pas le dire en fait. C’est très très compliqué quand tu es de l’ interne. Parce que tu dois un minimum de respect, tu as une certaine déférence par rapport à des gens qui ont une position hiérarchique beaucoup plus haute.

Toi, je sais pas comment tu prépares exactement tes workshops, mais en tout cas moi je vais jamais regarder les profils linkedin des personnes en amont. J’ai une vague idée de la hiérarchie, de qui est plus important. Mais j’essaie assez vite « c’est des personnes, c’est des êtres humains ils ont des prénoms » et finalement j’accorde assez peu d’importance à la hiérarchie au sein d’un workshop.

Comment tu fais les choses toi? – Moi, que j’aime bien partager au groupe en général c’est que quand tu rentres dans une entreprise et que tu fais un workshop avec des personnes qui sont vraiment terrain, au bas de la hiérarchie, tu vois ce qui se passe entre les rapports. En fait entre ces personnes et leurs managers qui sont là N+2 ou qui que ce soit qui est responsable. Et après tu vas faire des ateliers avec des CODIR qui sont vraiment top niveau. Là tu vois exactement les mêmes rapports entre les gens et donc, en gros tu peux aussi les décomplexer en disant, bah tu vois les problèmes que tu as toi à te positionner par rapport à quelqu’un qui est au dessus de toi dans la hiérarchie le comportement tu peux avoir.

Ca se passe pareil plus haut en fait. Et ça se passe pareil en bas, et donc du coup le problème de fond en fait c’est cette histoire de hiérarchie et moi les avantages que je vois aussi à être facilitateur extérieur c’est que moi je n’ai pas de rapport avec cette hiérarchie. Donc pour moi, toutes les personnes sont exactement au même niveau. Et ce que je peux apporter comme cadre de confort justement. C’est de poser cette question au départ avant de commencer un workshop. C’est « Est ce qu’on est d’accord que là on est entre humains et qu’on va travailler ensemble pendant deux jours, cinq jours et pendant ce temps là on est une équipe? »

Du coup la hiérarchie on peut la laisser un petit peu à la porte. Ensuite on y reviendra après. Mais au moins vous trouvez ça. Et plein de fois déjà 95 % du temps c’est bien reçu parce que mine de rien et souvent d’ailleurs c’est dans le sens inverse de ce qu’on peut s’attendre. C’est pas la personne qui en dessous en hierarchie qui est contente d’être au même niveau que son boss, mais c’est le boss qui content de pouvoir laisser de côté sa casquette de boss. Pour vraiment se mettre au travail d’équipe.

Parce que mine de rien il ya des frustrations dans les deux sens. Et du coup ils se retrouvent à vraiment travailler dans ce processus d’ équipe. Et j’ai vu pas mal de sprints où après cet esprit plutôt équipe est plutôt horizontal, était resté entre les personnes de l’organisation. Et ils ont même tendance à te remercier juste pour ça. Je pense ça fait partie des apports d’une intervention extérieure qui sont pas forcément très rationnelle ou perceptible au premier au premier regard. C’est pas le projet concrètement avec les livrables qui à la sortie, mais c’est tous les effets en fait qui à avoir une porosité de son organisation. Grâce à des personnes qui viennent de l’extérieur.

J’ai fait un sprint il y a quelques semaines et puis à la fin, un des feedbacks d’une des participantes c’était « Merci de ne pas nous avoir laissé aller dans tous « rabbit holes » habituels ». Donc en le rabbit hole, en anglais c’est vraiment ce « trou de lapin » ou tu te jettes dedans, et tu en ressors pas. Et puis tu parles d’un micro détail pendant une heure, et ça amène absolument rien. Souvent dans les entreprises, il y a des gens comme ça très analytiques ou qui aiment bien mesurer les risques, et tout ça… Sonc tu fais quoi que ce soit d’innovant il ya toujours des risques. Il y a ces gens qui vont dire « oui mais il ya un risque là » et ils vont appuyer longtemps sur le truc.

Puis dans une réunion normale d’une entreprise normale avec un facilitateur de l’interne, le risque c’est vraiment de ne pas oser interrompre ces gens et puis de plonger dans ce truc là. C’est un énorme piège, parce que tu vas rien en ressortir à part de la négativité. Et juste des discussions sans fin pour un truc qui en fait n’est pas important. En tout cas à ce stade du projet. Je pense que nous on a justement cette légitimité pour dire désolé on a un rythme à tenir. on a le planning du workshop. Tu vois tout de suite que ça mène nulle part. Tu va couper ce rabbit hole, tu vas vite le combler et tu va fluidifier la le workshop comme ça.

Je pense que ça c’est quelque chose que nous on peut faire en étant externes. Qui est très difficile à faire quand tu es de l’interne, parce que tu peux pas interrompre des personnes. Clairement alors soit en posture par rapport aux autres soit même parce que toi en fait, tu te fais avoir aussi par ça… Parce que si c’est assez proche d’un de tes sujets que tu traites au quotidien que là t’es en posture de facilitateur, mais que quand même, tu commence à rentrer dans ce trou de lapin comme tu dis. Ca t’intéresse quand même ce qu’ils vont dire derrière donc. Tu vas rentrer dedans et ben tu vas dévier pendant une demie-heure dans quelque chose et ça te vient pas forcément à l’idée de dire « non mais en fait ok… là il semblerait qu’il a un sujet, on va noter… on va le garder de côté, on verra plus tard ».

Souvent quand on en tant que facilitateur extérieur tu fais ça, les gens ils te regardent et ils font « non mais là on est en train de parler de trucs super importants là… tu vois pas on est sur le point de… ». Et je dis « oui oui, bien sûr je connais ça… tout le monde est pareil, on saute sur le truc, on veut aller jusqu’au bout… mais ce que je vous propose c’est qu’on note et on le garde de côté on va y revenir, mais pas tout de suite ». Du coup hop ça remonte et en général à la fin des workshops il y a, comme tu dis ce remerciement: « tu nous a évité de nous bloquer pendant tant de temps sur un truc.

Par contre on ne l’a pas oublié c’était de côté, et on y est revenu après quand il y avait besoin ». Du coup tu peux organiser de manière un peu plus neutre encore une fois les échanges et les étapes de travail du groupe. C’est quelque chose qui vient avec: 1) le fait d’être externe 2) la légitimité qu’on donne, la confiance qu’on accorde et puis 3) peut-être aussi l’expérience d’avoir été dans ces situations plein de fois dans plein de contextes plein d’entreprises.

Puis tu vois tout de suite, je sais pas toi mais moi je vois dans un workshop les deux, trois personnes qui risquent de poser problème. Parce que ils sont très très « detail oriented ». Ils vont toujours essayer de voir tous les risques d’appuyer dessus. Et puis il faut que tu arrives d’une manière très élégante et diplomatique, de fluidifier ça. De peut-être leur suggérer de continuer sur traiter le vrai problème et la raison pour laquelle on est là. Et puis ça c’est chose qu on traitera mais beaucoup plus tard dans le flux.

Pour terminer cette vidéo et ne pas être complètement négatif par rapport à la facilitation interne parce que bien sûr il y a un intérêt à le faire ne serait-ce qu’économique. Et de former des personnes à l’interne pour vraiment améliorer les fonctionnements et améliorer les produits et tout ça… Quels conseils on pourrait donner Fab, à des entreprises qui voudraient former les gens en interne pour faciliter des workshops importants?

Alors là je vais vraiment parler sous couvert de justemon point de vue à moi, puisque je veux pas engager personne d’autre, mais je pense vraiment
que le problème c’est le processus de formation qu’il y a dans les entreprises. Ou même de manière classique même pour les étudiants ou quoi que ce soit. L’idée de d’avoir un programme qu’on va dérouler par rapport à des éléments théoriques et qu’ensuite quand on a tout ingéré et ben au bout de deux jours on a un certificat qui nous dit « c’est bon vous pouvez aller sur le terrain » et alors qu’on n’a jamais vraiment fait. Dnc du coup bien là la personne se trouve un peu désemparée, elle essaie de faire. C’est mieux parce que 99% du temps les gens veulent toujours essayer de faire de leur mieux… Moi dans un monde idéal je verrais bien tous les collaborateurs d’une boîte d’avoir une posture de facilitateur, parce que du coup ça fluidifierait vraiment tout le travail au coeur des équipes.

Mais la manière en fait de faire rentrer ça et de changer les postures des collaborateurs en passant par la formation prend tous les biais de la formation. Moi le conseil que j’aurais le plus c’est de se dire « eh ben pour vraiment apprendre il ya peut-être une logique de mentorat à avoir justement avec ces facilitateurs extérieurs, qui vont venir apporter toute la posture la neutralité les questions absurdes, les apports des expériences d’autres entreprises neutralisées pour ne rien révéler sous NDA mais voilà. On connaît en fait les problèmes qui peut y avoir, et on donne plein de tips en fait à la personne, on reproduit des workshops avec cette personne. Un certain temps jusqu’à ce qu’elle se sente en autonomie on fait.

Cette espèce de bascule là, et ensuite après elle, donc là on vraiment une personne bien formée en interne, qui pouvoir reproduire pareil avec une autre personne en interne. Qui elle peut monter aussi en compétences et du coup tu as du mentorat qui se fait de manière interne. Donc ça peut commencer avec du mentorat externe ensuite et du mentorat interne. Au bout d’un moment le mentorat interne finit aussi par tourner en rond, parce qu’au final c’est le personnes de la même organisation. Et je pense que c’est important de faire de temps en temps re-rentrer des personnes de l’extérieur de l’entreprise accompagnement différente.

Parce que du coup tout le monde a ses approches différentes et là ça enrichit par la diversité. C’est vraiment plus logique de mentorat entre pairs en interne avec des apports extérieurs aussi pour apporter de la diversité régulièrement et de quoi enrichir les démarches coopératives dans les organisations.

Je trouve que c’est super bon conseil… moi les conseils que je pourrais ajouter: c’est aussi c’est pas parce que tu es UX, ou Développeur ou Product owner que tu peux être un bon facilitateur ça c’est vraiment aussi très très propre aux personnes. Il y a des gens qui ont ce qu’il faut, ils ont peut-être là une carrière et une façon d’être, une attitude générale qui les rend assez bon oralement, assez bon devant des gens. Ils peuvent le faire, et puis et puis ya des gens pour qui voilà pour qui ce genre de position, de rôle n’est pas fait.

Les formations je serai un peu moins définitif que toi. Je pense qu’elles ont beaucoup de valeur parce qu’elles peuvent amener plein de clés. C’est du partage d’expérience etc… mais c’est clairement pour les bonnes personnes. Donc il faut identifier dans votre entreprise qui sont ces bonnes personnes qui ont le bon caractère et les bonnes qualités on va dire « soft skills » pour pouvoir le devenir. Après en effet des bonnes formations pas du tout théoriques – je pense que ça sert pas à grand-chose de lire des livres et de regarder des diagrammes. Il faut le faire il faut le pratiquer donc les formations les plus « hands on » possible c’est très très important.

Au contact comme tu dis de facilitateurs experts des gens qui font ça tout le temps, ils vont apprendre plein de choses. Moi j’ai appris personnellement énormément de choses juste en regardant Jake Knapp, le créateur du design sprint. Venir à ses workshops, regarder comment lui travaille ça permet de récupérer plein de petits trucs, de petites techniques, de regarder comment il gère l’énergie du groupe et tout ça… Et ça à une valeur folle de juste observer.

Donc mentoring à fond: nous ce qu’on fait assez souvent quand on mène des formations avec des cours de design sprint par exemple. Déjà des tout petits groupes. Donc vraiment beaucoup d’échanges de Q/As et tout ça donc c’est pas une matière qui est figé dans le marbre, mais vraiment c’est beaucoup d’échanges. Et très personnalisée par rapport aux questions puis après, en effet ce qu’on fait c’est que éventuellement on fait du mentoring. Di une personne après la formation se retrouve en position de devoir faciliter un premier sprint.

On peut en effet soit agir en tant que co-facilitateur, soit l’aider à préparer le sprint en background. Ca c’est des choses qu’on fait et je pense qu’ils sont extrêmement importantes pour transmettre justement le savoir mais aussi je dirais la confiance. La confiance pour pouvoir le faire. Donc voilà, mes conseils:

1) repérer qui sont les bonnes personnes et puis
2) leur donner leurs vraiment un accompagnement sous forme de mentoring

Je crois que les papiers, les certificats ne valent franchement pas grand chose surtout quand ils sont délivrés après un ou deux jours de formation. C’est juste une preuve que vous avez fait le cours, et ça vaut ce que ça vaut. Mais vous pouvez pas juger de la valeur d’un facilitateur parce qu’il a fait deux jours de formation « product owner », « scrum master ». C’est pas il faudrait un peu plus aux crèmes . Il faudra un peu plus que ça j’imagine.

Un dernier petit complément là dessus, Steph si tu me permets avant de finir la vidéo, je pense que ça sera un sujet d’une autre vidéo parce que c’est pas le propos là, mais depuis tout à l’heure on parle de facilitateur. Et en fait je pense qu’il ya plein de types de facilitation différentes pour plein de profils différents. Il ya des profils qui vont bien pour faciliter en physique avec des gens et puis après il ya ceux qui seront super à l’aise à le faire comme tu le fais toi à avoir un gros set up trop bien, et à le faire super bien à distance (online). Ca s’apprend hein!

Exactement c’est encore une autre forme de facilitation, c’est le cas en remote. C’est le cas en hybride aussi, c’est encore autre chose et puis après je pense que j’en ai rencontré pas mal des personnes qui sont très bons en facilitation asynchrone. Donc en gros plus tôt des profils introvertis qui aiment pas être face aux gens qui aiment pas être face à la caméra, mais par contre qu’ils vont être toujours là dans lé chat qui vont être toujours là dans les es réseaux de l’entreprise. Et qui vont créer des connexions présenter des gens, envoyer des mails…

Et ces gens là sont sont géniaux en termes de facilitation. C’est encore une autre facilitation. Arriver à détecter les profils de facilitateurs et puis ensuite, parler de la diversité facilitation je pense que ça pourrait être un sujet intéressant pour la prochaine fois.

Hyper intéressant! tu m’as mis l’eau à la bouche Fab, bref on vous laisse là dessus. Et j’espère que c’était utile et intéressant pour vous et à bientôt pour de futures vidéos.


Case study hopital ophtalmique Jules Gonin

Refonte du site de l'hôpital ophtalmique Jules Gonin - Lausanne

Etude de cas d'un design sprint mené en Suisse, dans le domaine de la santé

Le site d'origine, un projet complexe

Transcript de la vidéo

Bonjour à tous, Steph Cruchon, designer et fondateur de Design Sprint Ltd je fais une petite vidéo pour revenir sur une étude de cas d’un site sur lequel on a travaillé dans le courant de l’année 2010 est qui est en fait le site de l’hôpital ophtalmique Jules Gonin à Lausanne. Avec deux design sprints, nous avons été à l’origine de ce projet de refonte de site.   Un projet très intéressant que je voulais détailler avec vous pour bien comprendre l’apport de la méthodologie design sprint dans le contexte d’un établissement de santé.

L’hôpital ophtalmique Jules Gonin à Lausanne c’est une institution. Leurs chirurgiens de l’œil qui sont world-class et ils traitent toutes les pathologies liées l’œil.

L’hôpital a été fondé en 1843 et le problème en fait c’est que leur site datait aussi de… 1843, non je suis un peu méchant, mais c’était en fait la situation dans laquelle on a récupéré le site : un très vieux site qui avait été créé au milieu des années 2000 qui n’était plus du tout au goût du jour et qui posait un bon nombre de problèmes, par exemple en matière de sécurité dans le sens où des personnes qui se blessaient à l’oeil ou qu’ils avaient des pathologies de l’œil à traiter immédiatement et qui devait venir aux urgences de l’hôpital arrivaient sur ce site avait beaucoup de peine à l’utiliser.  Ils ne trouvaient même pas l’adresse des urgences ou ne trouvaient pas les numéros de téléphone…

Ancien site hôpital ophtalmique Jules Gonin Lausanne

La situation dans laquelle on est arrivés, c’est c’était un projet qui avait de la peine à démarrer : la Fondation Asile des Aveugles (FAA) avaient essayé depuis plusieurs années de refaire leur site sans succès, et les raisons étaient multiples : pas de budget, des intérêts parfois contraires, simplement d’autres priorités d’investissement etc… ce qui faisait que ce projet de refonte n’avait jamais pu démarrer.

A un certain moment, l’équipe de Communication dirigée par Muriel Faienza, s’est dite qu’il fallait organiser un design sprint, pour enfin pouvoir vraiment lancer ce projet.

Ce qu’il faut aussi comprendre, c’est le contexte de départ du projet.

En fait, l’hôpital Jules Gonin appartient à une fondation privée, la fondation Asile des Aveugles et le défi c’est qu’il ne fallait pas seulement refaire le site de l’hôpital, mais de toute la fondation.

Le premier design sprint

L’ hôpital traite toutes ces pathologies donc déjà beaucoup de beaucoup de corps de métiers et de spécialisations,  beaucoup de types de prestations,  ainsi qu’un EMS dédié aux personnes qui ont des problèmes de la vue et aussi une école une école pour enfants qui ont de graves problèmes de vision, ou sont aveugles.

Il y avait toute une problématique d’architecture de l’information : comment rassembler tous ces services,  toute cette information, au sein d’un même site, en sachant que la page d’accueil devait être dédiée principalement aux urgences ?

Il y avait aussi certains conflits entre certains services sur l’importance qu’on leur donnerait sur le site. Tout était très politique.  Un contexte vraiment pas simple, mais qui se retrouve dans énormément d’entreprises finalement.

L’idée du département communication qui a hérité du projet de site a été d’organiser un design sprint pour créer un premier prototype d’un site qui permettrait de faire avancer le projet.

Ce premier sprint on l’a mené en 2017 il était organisé par par Muriel Faienza, la  responsable communication de la Fondation Asile des Aveugles, et qui a œuvré en tant que Décideuse. Le reste de l’équipe était formé du département communication. Il y avait aussi une personne des établissements nord-vaudois ENHV,  un autre hôpital, qui connaissait très bien les problématiques digitales et avait déjà travaillé sur une refonte.  Il y avait une personne, bien sûr, de la technique, et cette dame dont le profil était très intéressant, puisqu’elle était la maman d’un enfant aveugle. Elle a pu nous donner beaucoup d’informations sur cette situation et créer l’empathie nécessaire au groupe pour concevoir un site web adapté autant que possible aux malvoyants.

De ce premier sprint, est né un premier prototype qui a été co-créé avec le groupe.  Au niveau de l’esthétique, on voit qu’on est vraiment dans quelque chose d’extrêmement épuré avec des très gros textes c’est un site très particulier évidemment.

L’aspect ergonomique était important, il fallait rendre le site fonctionnel et utile pour des personnes très très mal voyantes. Le prototype a été créé sur Invision.

Du coup on peut naviguer dans ce prototype passer de page en page afin de pouvoir se projeter.

On a aussi fait le choix d’utiliser des couleurs très simples de mettre vraiment les urgences en rouge par exemple, et puis sur cette première version on avait l’idée aussi d’avoir du texte en bleu foncé, avec des liens très affordants, pour que l’on ait envie de cliquer.

Voici quelques photos aussi du workshop.  Je pense assez intéressant de remarquer que les designs sprint sont des workshops qui traitent souvent de thématiques digitales ou des produits digitaux. Cependant, le travail d’idéation (les esquisses des concepts) se font sur papier.

Chacun va esquisser ses idées sur du papier et finalement c’est un travail très collaboratif, on est dans le même espace ça permet de réunir tout le monde et le fait d’être tous au même endroit, au même moment avec les mêmes informations, va permettre de prendre de grandes décisions, qui au final vont mener à prototyper quelque chose de nouveau.

A la fin de ce premier design sprint a eu un prototype qui était déjà validé dans les grandes lignes, on a pu montrer ce prototype aux personnes importantes, de l’hôpital : des chef(fe)s de service, des gens qui avaient tous leurs avis et leurs idées sur le futur site.  Et ça a permis de les aligner.

L’avantage d’un prototype, c’est qu’on a quelque chose de vraiment tangible, de très concret, à l’inverse d’un cahier des charges de 25 pages écrit sur Word.

Le prototype est concret. On peut le consulter, passer d’une page à l’autre, se projeter dans un état futur de la plateforme. Les gens ont pu s’imaginer le rendu final de la plateforme et pour la première fois, les parties-prenantes se sont alignées ont accepté la direction.

Cela a permis de débloquer le budget pour pouvoir continuer sur la phase d’exécution du projet.

Le second design sprint

Cela nous conduit au deuxième sprint.  Ça n’est bien sûr pas toujours obligatoire de faire un deuxième sprint, une itération. Mais dans ce cas là, ça apparaissait comme important car certaines personnes des services avaient remonté qui avaient des améliorations à faire au niveau de l’architecture de la navigation et de l’organisation des contenus.

Nous avons donc organisé un mini sprint quelque deux semaines après le premier.

Ce sprint d’itération était plus court, un mini sprint.  Nous avons passé une journée d’alignement et de discussion sur l’architecture de la navigation, une nouvelle journée de prototypage et une nouvelle journée de tests.

A première vue, ce second prototype ressemble beaucoup au premier,  mais on avait mis l’accent non pas trop sur la partie visuelle, mais plutôt sur la partie architecture de l’information, de comment les services allaient s’organiser. Et comment on pouvait créer des sortes de landing pages pour tous les services importants, ou les pathologies les plus traitées.

Passage de relais à l'agence web

Le budget validé, c’est nos camarades de l’agence web Antistatique, bien connue de la scène tech lausannoise,  qui ont repris le projet pour la partie exécution.

Partir sur notre prototype initial, leur a permis de budgétiser précisément la suite du travail.

Bien que les premières intentions et les bases avaient été posées lors du design sprint, le gros du travail de design restait à faire, afin de réaliser une version définitive du design du site.

On voit ici en fait c’est j’appelle ça la version 3 du prototype, mais là on est déjà dans dont des maquettes presque finales,  prêtes à être développées.  Donc dans cette version 3, on peut voir un prototype beaucoup plus complet.

A ce stade, on est plus on est plus à l’étape de la validation des idées, la validation du business… on a vraiment validé l’ergonomie de la plateforme et puis a créé en fait tous les différents templates de page. Sur les bases du design sprint, l’agence Antistatique a développé tous les layouts, toutes les déclinaisons.  C’est un très gros travail. Et pas quelque chose qui peut être fait en quelques jours, ça demande plusieurs semaines ou mois.

Ce qui est intéressant de voir aussi c’est qu’ils ont  aussi développé des modes sombre c’est-à-dire un mode d’affichage inversé avec le fond noir et les textes en blanc, ce qui est plus confortable pour ces personnes très mal voyantes.

Prototype V3 hôpital ophtalmique Jules Gonin - agence Antistatique

Le site final mis en production

Voici le site final ophtalmique.ch c’est une plateforme qui été entièrement revue.

Elle est bien sûr très sobre visuellement, très épurée avec de très gros textes.

Vraiment le but, ce que ce soit le plus simple à utiliser possible, le plus clair qu’on puisse trouver facilement l’information.  Tous les textes peuvent s’agrandir très facilement.

Et même si ça n’en a pas l’air, vue l’apparente simplicité,  c’est un site en fait d’une densité absolument immense, puisqu’on a des pages pour toutes les pathologies Chaque service ou chaque traitement à des pages dédiées, il y a vraiment beaucoup de contenus.

Ce qui a pris le plus de temps, au final, ce n’est pas le développement, ce sont les textes.

Le site a été mis en ligne près d’un an après le design sprint, c’était un gros projet.

La création de contenu a pris de nombreux mois, car toutes les informations devaient impérativement être validés par des médecins, vu qu’il s’agissait de contenus médicaux disponibles sur internet.

J’espère que vous avez apprécié ce case study et l’avez trouvé intéressant.

Le site c’est ophtalmique.ch

Je pense un projet intéressant, pour bien comprendre l’impact du design sprint, entre le moment où il y a eu la volonté de refaire un site, jusqu’au travail de l’équipe de développement et la mise en production du nouveau site.