Fin 2019 nous avons mené deux design sprints avec la banque Swissquote qui donnèrent naissance à la nouvelle néobanque suisse Yuh App Un concept radical et novateur qui rend le trading accessible aux millenials et aux personnes souhaitant démarrer dans la finance.Retour sur les origines de l'App avec Jose Rosa, Head of Product

Retour sur le Design Sprint qui a servi à imaginer la nouvelle néobanque suisse Yuh App, avec Jose Rosa Head of Product #yuhapp

Steph Cruchon : Bonjour à tous, c’est Steph de Design Sprint LTD. Bienvenue dans ce nouveau Design sprint Chapters Meetup suite. Aujourd’hui, j’ai le plaisir de recevoir avec nous Monsieur José Rosa, qui est le nouveau head of product de la banque Yuh App.

Jose Rosa : Salut à tous !

Steph Cruchon : Extrêmement heureux de te recevoir aujourd’hui pour parler du projet, alors on dit comment You ou Yuh ?

Jose Rosa : Yuh.

Steph Cruchon : Vraiment très, très, très heureux de te recevoir. On a travaillé ensemble il y a maintenant presque un an et demi, deux ans sur un premier design sprint qui a finalement donné naissance au produit que vous avez annoncé il y a quelques jours, qui s’appelle Yuh, que j’ai ici entre les mains. Et voilà, l’idée, c’est de refaire avec toi la genèse de ce projet et on est hyper heureux de t’accueillir avec nous. José, tu m’as dit Yuh App va être vraiment officiellement annoncé le 1er juin?

Jose Rosa : Oui, exactement. L’annonce officielle à La Presse, le dévoilement a déjà été il y a deux semaines. C’est sa deuxième semaine, mais la grande campagne d’annonce au grand public, ça sera le 1er juin. Et là, on est très excités et très heureux de le voir.

Qui es-tu Rose Rosa?

Steph Cruchon : On est fin mai donc on est juste avant la grande annonce du produit. Super, super heureux de te recevoir. Peut être avant qu’on commence José, est ce que je pourrais te demander de te présenter en quelques mots pour qu’on en sache plus sur toi ?

Jose Rosa : Ok, en quelques mots? Bah, je viens. En termes de background, je suis plutôt designer communication. Ça a commencé comme ça, donc, et après, j’ai évolué pas mal en termes d’agences. Après in-house dans différents endroits. Plutôt dans le luxe aussi chez Audemars Piguet et finalement chez Swissquote et maintenant chez Yuh App. C’est un parcours un peu fort qui a touché à pas mal de choses, spécialement en termes de design, J’ai été inclus dans pas mal de projets marketing et ça, c’était assez cool. On voyait un peu tous les spectres de ce processus. Je n’étais pas juste comme designer, dans un coin, dans un silo.

Steph Cruchon : En fait, ce qu’il faut expliquer avant de devenir le nouveau head of product chez Yuh App, tu étais donc Art director chez Swissquote et Yuh App a été lancé. C’est un partenariat entre la banque suisse Swissquote, basé en Suisse, et PostFinance, aussi basé en Suisse.

Jose Rosa : Exactement. Donc là, vraiment, chez Swissquote, c’était vraiment de la partie brand creation. Tout ce qui était lié à la marque, à la boîte aussi de la marque. Ça, c’était très important. Donc on était reliés à la partie Web et on avait beaucoup d’interactions avec le product design en lui même, cette équipe là, pour faire en sorte que les choses se touchent, quand on parlait de design, que tout le monde ait la même compréhension. Donc j’étais vraiment dans la partie visuelle, mais avec vraiment beaucoup d’implication dans la partie produits.

Steph Cruchon : Est-ce que tu savais, quand on a lancé ce design sprint , tu étais une personne importante dans le sprint parce que tu étais un petit peu au centre de cette équipe qui allait travailler sur le projet. Mais est ce que tu pensais que tu allait devenir le head of product d’une nouvelle banque? Finalement, la nouvelle banque, si tu voyais l’importance du truc au moment où on l’a fait ou pas vraiment?

Jose Rosa : Je ne pense pas parce qu’ on ne se projetait pas si loin. Là, on voulait juste trouver un produit qui était cool pour les gens qui venaient de démarrer un peu dans la finance. Et je savais que cette idée était super et qu’on voulait le faire et trouver ce petit plus dans la finance. Mais je n’avais aucune idée que ça pourrait devenir comme ça. Mais je suis très heureux.

Steph Cruchon : C’est ça, oui, c’est une super aventure. Et puis peut être, si tu peux juste te décaler un tout petit peu comme ça on voit le logo de Yuh App. Vous êtes dans les nouveaux bureaux de de Yuh App, c’est ça?

Jose Rosa : Très exactement tout frais. On vient d’aménager un peu. On aura une petite équipe pour démarrer. Mais avec beaucoup de soutien de la part de Swissquote. Et après aussi des agences qui collaborent avec nous. Ce sont les locaux qui sont là, donc tout frais, avec l’ADN de la marque. Mais c’est comme ça.

Steph Cruchon : C’est génial. Bon, bah voilà. Peut être pour démarrer, L’idée, c’est de refaire avec toi un petit peu la genèse de ce projet. Je crois que les gens qui nous regardent, c’est toujours ce qu’ils aiment, découvrir, en fait, comment on est passé d’un premier design sprint à un produit qui est lancé sur le marché et qui aura, je pense, beaucoup d’impact dans le cas de Yuh App. Comment de ton côté a démarré ce projet là ?

Jose Rosa, Head of Product Yuh

Le premier design sprint avec Swissquote bank

Jose Rosa : Cette question là, il y a toujours un besoin, à un certain moment, d’un business d’évoluer et de challenger un peu le marché. Swissquote, c’était ça toujours été comme ça. Swissquote a toujours essayé de challenger un peu le marché, un peu les conventions, déjà avec les Crypto, c’était la première banque qui lançait ça et Swissquote ne voulait pas s’arrêter là. Donc pour moi, dans ce projet, Jan de Schepper, notre chief sales marketing officer, avait cette idée de challenger tout le marché en disant : Mais qu’est ce qu’on peut faire? C’est clair qu’il y a beaucoup de néo banques maintenant qui arrivent, mais elles n’ont pas cette sécurité que nous, on pourrait offrir à nos clients. On est en crise. Ils viennent jouer un peu dans notre terrain, ces néo-banques voulaient devenir des banques. donc révolues. C’est pour ça qu’ils se mettent un peu avec les licences bancaires. Ils veulent devenir des banques parce que ça, ça donne une certaine crédibilité et sécurité. Jan a fait un énorme benchmarking. Il a regardé un peu le marché. Il s’était dit pourquoi on ne fait pas ça? Pourquoi nous, on ne peut pas challenger le marché? Il est venu me voir. Il m’a dit J’ai quelques idées. Est ce que tu penses qu’on pourrait faire quelque chose? J’ai dit: Écoute, tu vais regarder et envoie-moi toutes tes idées. Du coup, il a envoyé ça mais c’était tellement énorme pour mon matos qu’il y avait un premier début d’informations et tout d’une première architecture, peut être dans ma tête, mais ensuite, il était nécessaire qu’on ait de l’aide pour mettre les bonnes personnes ensemble dans une salle. Et c’est là où design sprint , vous êtes arrivé avec toute la connaissance et de toute cette partie là, la modération, la motivation avec les high five.

Steph Cruchon : Maintenant, à cause du Covid, c’est mort le high five. On regardera après quelques photos de ce sprint. Je pense que c’est cool qu’on passe à travers. De mon côté, pour refaire un petit peu d’histoire, on est contacté, je ne sais plus, c’était en octobre ? Je crois 2019 comme ça pour travailler sur un projet lié à l’épargne, à Swissquote. Comment pouvez vous faire que des gens passent l’investissement alors que c’est vraiment des profils d’épargnants ?Puis on a commencé à travailler là dessus et puis peut-être si tu es OK, je peux montrer quelques écrans d’un prototype que l’on avait créé à l’époque dans le cadre d’un design sprint . Je pense que tu devrais voir ces quelques écrans et ce qui était intéressant, c’est qu’on s’est dit, quand on a fait ce tout premiers design sprint , c’était qu’on va désigner, quelque chose de vraiment extrêmement simple , beaucoup plus jeune, penser un peu plus millennials, très loin des interfaces classiques de Swissquote, essayer de créer un lien avec des marques typiquement ici, Starbucks où on avait repris le logo de Starbucks et des choses comme ça. Et puis la pensée, d’ailleurs, c’était que ça pouvait être une rampe de lancement, ou en tout cas une porte d’entrée pour des gens plus jeunes pour commencer à investir. Donc, on avait ces écrans, etc. Puis, à la fin de chaque design sprint , on fait toujours des tests utilisateurs. Et là, je me souviens encore que quand on a fait ça… Je me souviens encore, donc il y avait Marc Bürki, le CEO de Swissquote, qui était dans la pièce, en train de regarder les tests. Et ça, c’était vraiment génial de le voir participer à ça. Il regardait en live les tests. Et puis d’autres personnes, bien sûr, c’est important chez Swissquote. Je crois que Marc, je crois que Jan était là aussi. Et puis il regardait ces interviews en fait, on avait fait les interviews avec aussi certains jeunes employés de Swissquote qui travaillaient à l’interne. Et ils étaient là sur des concepts pourtant assez basiques de finance ou de trading, Ils étaient perdus sur des termes, sur des façons dont on avait organisé le truc alors qu’on pensait que c’était super simple. Là, je voyais Marc, il prenait un peu la tête dans les mains, il était : Woah, mais il faut faire encore beaucoup plus simple et il faut vraiment qu’on arrive à rendre nos produits et rendre ce qu’on fait beaucoup plus abordable pour des gens plus jeunes, des millenials. Donc, on a terminé ce sprint. C’est toujours un peu un sentiment bizarre parce qu’en même temps, on apprend énormément. C’est génial. Il y a plein de concepts qui étaient vraiment, je pense, très intéressants et qui avaient beaucoup de vert. Mais en même temps, il y a des choses qu’on a appris, on était trop complexes, que ça serait pas la porte d’entrée qu’on espérait à la fin de ce sprint. Puis je rentre chez moi. Et je crois qu’à peine, j’étais arrivé chez moi, je recevais un deuxième mail : bon, Steph, on veut faire un deuxième design sprint . Cette fois-ci là, il va être un petit peu différent. On a une idée de produit en tête parce que ça, on n’en avait pas parlé. Et puis, c’était vraiment ce deuxième design sprint qu’on a fait pour un projet qui allait devenir Yuh App par la suite.

Design Sprint Hi-Five Yuh

Le second Design Sprint qui donnera naissance à Yuh App

Donc, si tu veux bien, je vais peut être montrer des photos de ce sprint et on peut se faire un peu l’album ensemble. Je vais juste ouvrir. Donc, c’est vraiment les photos qui sortent de mon album. Il n’y a aucune sélection. On a tous des têtes pas terribles, mais c’est un peu l’histoire que je lis ici. Les fameux high five qu’on faisait à l’époque qu’on refera, mais quand le Covid sera passé. Et puis, ce qui est important pour les gens qui connaissent la banque Swissquote, on voit ici des visages importants de la banque. Ici, c’est Jan qui est le head of marketing. On a au premier plan. Alors on va les voir mieux après. Mais le fameux José, qui est avec nous aujourd’hui et qui était bien sur au centre de tout ce produit et du sprint. Et puis ici, c’est Paolo Buzzi et Marc Burki qui sont respectivement CEO et CTO, de la banque Swissquote et qui ont participé au sprint. Ça, c’est vraiment quelque chose qui est important à comprendre: c’est que quand on fait un design sprint , si on veut en retirer le meilleur et le plus de potentiel possible, c’est extrêmement important d’avoir les, bonnes personnes et d’avoir aussi des personnes importantes aux niveaux hiérarchiques qui vont participer à ces efforts là et qui vont aussi donner de l’impact à ce qu’on fait. Bah, c’est pas juste qu’on passe une semaine, mais qu’on va vraiment résoudre des vrais problèmes ensemble.

Le role du Leadership (CEO, CTO)

Jose Rosa : Alors c’est clair là dedans, c’est exactement ça. C’est que ces gens et ces personnes importantes dans l’entreprise, elles y étaient pour donner l’impulsion et leur vision au final, on ne peut pas traduire, faire un design sprint juste pour le faire. Il y a quand même une certaine vision de quelque chose qui va devenir un produit, comme disait ils avaient eu cette idée de produit et au final, l’importance de Marc et Paolo, Paolo était là, vraiment, dans le sprint à la fin avant qu’on clôture, pour la partie ideation et après, mais c’était très important qu’il puisse voter, qu’il puisse donner son feu vert à cette grande idée qu’on a repris ensuite le projet pour le transformer.

Steph Cruchon : Absolument, absolument. C’est hyper clair, on voit tout de suite dans les dynamiques, on fait des équipes quand on mène des sprints, s’il y a des supports, des CEO par exemple, qui sont là bas, ça va changer un peu l’importance du sprint. Et puis aussi, je pense à quelque chose de super important à comprendre à Swissquote. Mais c’est finalement Marc et Paolo, c’est à la base. C’est comme des makers, c’est des gens qui sont arrivés là où ils sont maintenant parce qu’ils ont mis les mains dans le cambouis, parce que c’est des ingénieurs qui ont créé à l’époque un site web où ils mettaient les cours de la Bourse. Et tout ça est devenu finalement une banque. Mais c’est des gens qui, à la base, aiment fabriquer des produits, ce qui est super important à comprendre. On retrouve des profils comme ça c’est des Elon musk ou des gens comme ça, qui sont à la base, des gens qui aiment fabriquer, qui aiment faire. Puis après? Bah voilà, le truc explose. Ils prennent de l’importance, mais je pense que c’est fondamental à comprendre et ça a été pour beaucoup dans le succès du sprint, c’est que ces gens là avaient envie d’être là et de participer, pas juste d’être dans leur rôle de décision, de délégué, etc.

Jose Rosa : Tu as totalement raison. Parce qu’encore aujourd’hui, ils sont toujours dans l’action et ils ne sont pas en retrait de quoi que ce soit et ils sont très impliqués. Et depuis qu’on a lancé le produit, par exemple, Marc est venu me voir : Ah il y a un problème là, c’est quelqu’un qui m’a dit quelque chose. Et ça, tu vois qu’ils sont vraiment amoureux du produit, ils prennent beaucoup de soin, ils viennent nous voir et encore une fois la partie custom Marker, ça vient aussi de leur part. Ils ont tout ce réseau de personnes qui veut utiliser leurs produits et donc ils ont tout intérêt à être là, à valider les idées et à donner plus d’impulsion et encore plus de vision pour l’avenir. Et ça, c’est super chouette d’avoir des gens qui participent comme ça.

Marc Bürki CEO Swissquote, Paolo Buzzi CTO during a design sprint

La sprint Team

Peut être que si je descends un peu dans cet album, ce qui est intéressant dans le design sprint aussi, c’est qu’on va donner de l’importance à tout le monde. Donc tout le monde pourra aussi s’exprimer, donner sa vision. Et puis peut-être, je cherche une photo où on voit un peu tout le monde, parle nous un petit peu de qui est dans la pièce ici, dans ce fameux sprint.

Jose Rosa : Alors, dans ce fameux format tu as Paolo qui est assis dans le canapé jaune, tu as Marc qui est en train de parler, Julien, c’est un business analyst project manager. Céline, c’est notre directrice qui est la directrice de tout ce qui est project management. Marlèna, notre designer produit qui est assise là, toi qui est là derrière, qui observait et le directeur sorteur developpement Alexandro avec les cheveux longs. Et après Nicolas, notre personne qui est responsable de l’équipe mobile et moi en premier plan. Et là, c’est vraiment ce moment où ils lançaient les idées et on venait de faire une analyse du marché à l’état actuel. Julien, il avait fait une présentation, je me rappelle bien un peu pour qu’on sache où se trouvaient les gens, comment dire? Pas les gens, mais nos concurrents. À un moment donné, il a Cédric, lui, très important pour la partie back office aussi. Fabio Project Manager et Jan, donc lui, c’est l’expert crypto. Donc, c’est lui qui était là pour pousser la partie. Il est toujours là dedans parce qu’il y croit vraiment à ça. C’est un bon expert dans le sujet.

Steph Cruchon : Je me souviens qu’il était super précis sur la partie des mots clés Lightning Démo pour nous sortir plein de produits crypto qui existaient et surtout, comment s’inspirer des bonnes choses, parce qu’il y a du très bon et du très mauvais dans cette industrie là. Du coup, pour nous dire qu’est ce qui rassurerait. Et du coup, oui c’est hyper, hyper intéressant.

Jose Rosa : Là, c’est Jan.

Steph Cruchon : Avec mes photos, il n’y a aucun filtre. Vous voyez vraiment tout absolument raw. Et puis voilà, José, le boss.

Jose Rosa : Tu vois je présentais les 5 apps and how they inspired social change. C’était ça au final, cette idée là, c’est de se dire comment ces apps là, toutes les apps qui sont là en terme de comportement, parce que c’était ça qui était intéressant, pas de faire un produit financier mais un produit qui change le comportement. Parce que dans l’idée principale, comment tu fais partir les gens de l’épargne à l’investissement ? En fait, tu es en train de vouloir changer un comportement, est-ce qu’on le veut vraiment ? donc ça doit être dans un cadre plus large dans ton behavior de tous les jours. Et comment toi tu aperçois la finance.

Le Sprint Challenge: les millenials, un nouveau public cible

Steph Cruchon : Pour bien comprendre le contexte, on se parle, on est en 2021, etc. Quand j’étais petit, on me disait tu mets de l’argent sur un compte d’épargne et puis ton argent, il va grandir. Et puis tu vas devenir riche grâce à ça. Puis, du coup, parce qu’à l’époque, il y avait aussi des taux d’intérêt. Puis là, au moment où on se parle maintenant, il n’y a plus vraiment de taux d’intérêt qui valent la peine puis du coup, si on veut espérer, etc. Il vaut mieux être un peu plus dynamique dans sa façon d’épargner ou d’investir. Et c’est clair qu’il y a un mouvement général vers les néo-banques. Mais en effet, c’est compliqué à trouver parce qu’il faut rassurer. C’est ça qui est très, très important. Il faut rassurer. Alors oui, je pense que Swissquote avait l’avantage d’être une banque suisse. Et puis toute cette expérience, bien sûr. Mais il faut quand même créer le bon produit derrière qui va amener la bonne valeur, puis ne pas être un énième Revolut like, mais amener quelque chose aussi un peu plus un peu différenciée, donc, c’est vraiment difficile d’entrer. Je me souviens de ces journées-là, de cette journée 1 où on arrivait à comprendre et on a passé beaucoup de temps à échanger sur nos perspectives personnelles. Donc voilà, tout le monde s’exprime, c’est hyper important.

Donner un rôle aux développeurs et ingénieurs lors du design sprint

Donc on voit qu’il y a aussi des gens du domaine technique qui vont parler. Yann, l’expert crypto, mais aussi les experts, développeurs, ingénieurs. Et ça, c’est super important. Je vois tellement de projets de technologie de tech où on fait jamais intervenir les ingénieurs. Ils viennent qu’en bout de chaîne des mois après, quand tout a décidé, ils viennent juste réaliser et puis ça, c’est une énorme bêtise parce que c’est souvent des gens qui ont une extrêmement bonne connaissance de ce qui est possible ou pas du marché, de comment on peut utiliser les meilleurs API et les meilleures façons de construire. Et puis ça, c’est vraiment un truc, ça peut vraiment faire gagner des mois sur le développement d’un produit si vous aviez des ingénieurs et développeurs qui ont participé à ça, parce que tout de suite, ils vont vous vous éviter des pièges et vous proposer une technologie, parce que eux, ils ont tout réfléchi dans leur tête dès le départ. Comment vous allez construire ça ?

Jose Rosa : C’est ça, Swissquote, on a cette force d’ingénieurs. On a 300 et quelque, presque 400 ingénieurs, donc des développeurs qui connaissent bien les produits, comment l’infra est organisée et ils peuvent te dire ça, c’est peut être pas une bonne solution, mais ce n’est pas le type de personnes qui vont dire non, mais qui vont t’aiguiller vers ce qui est le plus performant, le moins performant. Est ce que tu vas mettre des vidéos dans ton app, est ce que ça suffit? est ce que tu vas utiliser dans une app native? Ça va bien répondre aux comportements. Eux, ils vont savoir dire exactement qu’est ce qu’il faut faire pour que ton app soit performante, durable, tout ça.

La war room, l'importance d'avoir un espace de créativité

Steph Cruchon : Un design sprint avec du succès va aussi dépendre de l’espace. On le fait beaucoup online à cause du Covid, on fait des design sprint online et ça marche plutôt très bien. Mais dans une configuration plus classique, on va y revenir, c’est qu’il faut un espace de création qui est adapté pour rassembler les gens et les équipes. Je pense que Swissquote, ils ont fait un bon investissement en se disant : on va avoir un espace dédié à la création. C’est quoi le nom, déjà?

Jose Rosa : Le design studio.

Steph Cruchon : Exactement. Ce qui est cool pour un designer, c’est que tu rentres et fait des whiteboards comme ça. Le mur entier, tu peux dessiner sur tout le mur. Je crois même que c’est plus ou moins magnétique. Ça, c’est génial. C’est pas juste pour faire joli ou pour décorer ou pour avoir l’air innovant. C’est vraiment utile pour faire ce type de workshop là, rassembler beaucoup de personnes et ça crée une énergie, je pense, dans ce lieu qui est cool.

Jour 1 - la carte d'expérience

Design Sprint - User experience Map

Là, il y vraiment une partie qui est intéressante, c’est qu’en fait, on a fait un exercice qui s’appelle le note and map, tout ce qui était le mapping. Puis on demandait aux gens de nous décrire leurs premières expériences avec des néo-banque type révolue typiquement, on est passé à travers ça et Tamara, qui était assez important j’ai trouvé pendant ce sprint parce qu’elle représentait vraiment le persona de quelqu’un de complètement millennial, pas très orienté finance, mais qui avait un intérêt pour ça quand même, qui voulait comprendre et qui nous expliquait avec ses mots, sa compréhension de comment ça devait marcher, selon elle. Et c’était hyper riche, en fait. On voit aussi Marlena, qui est à peu près de la même génération. C’est très, très important quand vous faites un sprint, intégrer les gens proches du persona dans l’équipe ou de la bonne génération. Puis, des fois, je vois des fois des workshop qui se font avec des gens, des décideurs de très haut niveau, mais qui ont tous 50 ans. C’est compliqué de désigner un produit pour des gens qui ont 22 ans.

Jose Rosa : Justement, exactement la cible. Si tu n’as pas les bonnes personnes qui t’aident à comprendre la cible, elles aussi, elles vont dire : Ah oui, c’est très cool cette idée là. Mais bon, je suis moins emballé. Et là, il faut se poser la question pourquoi elle est moins emballée déjà à ce stade là.

Jour 2 - Demo éclair, Crazy 8 et Esquisses de solutions

Steph Cruchon : on a fait aussi pendant Sprint une grosse recherche sous forme de mots éclairs, de produits existants, de features existants, de choses qu’on trouvait intéressant, donc on les a capturés sous cette forme là. Maintenant, c’est plutôt une board sur murale où on collerait les références, mais c’est intéressant. On arrive maintenant dans le dur, c’est-à-dire qu’on devait imaginer nos concepts et puis là, on voit José, qui démarre ce processus créatif. Et voilà peut être que si tu peux nous commenter le fameux crazy 8 ?

Jose Rosa : Il y avait déjà combien de temps pour le Crazy 8 ?

Steph Cruchon : Tu as 8 minutes.

Jose Rosa : A ce moment-là, mettre toutes ces idées là en 8 minutes dans les 8 écrans, c’est assez difficile. Mais comme il y a beaucoup, beaucoup, déjà d’échanges et on se disait : est ce que ça peut vraiment devenir quelque chose ? Là, j’avais déjà commencé à peu l’idée du spend. Comment mettre son argent. Where to put it ? Comment moi je peux mettre un peu mon argent à gauche, à droite, mais c’était hyper difficile. Je crois que je n’ai même pas fait les 8 écrans…

Steph Cruchon : Mais en même temps, c’est marrant parce que tu en as fait 4 ou 5, mais au final, ils se retrouvent dans l’app, ces fameux 3 onglets qui sont au cœur de Yuh App, c’est ça qui est cool.

Jose Rosa : Oui, C’est cool, mais ça donne la bonne idée. Au début, c’était Now, parce que c’était maintenant qu’est ce que tu fais avec ton argent? dans ce comportement financier, on sait qu’on doit faire certaines choses. L’idée, c’était est-ce que je dois vraiment investir ? Est-ce que je spend ? Qu’est ce que je fais et je planifie, j’épargne, donc c’était un peu large. Heureusement on a pu comprendre l’idée.

Steph Cruchon : Ouais, mais en fait, je pense que ça fait vraiment partie du coeur du truc. Dans le design sprint , on va vite, mais ce n’est pas pour juste aller vite. C’est aussi une manière de simplifier les choses. Si on a trop de temps, si on passe des mois sur un projet, on va avoir tendance à l’over-compliquer, rajouter, rajouter des choses et au final, on perd de cette simplicité et de cette immédiateté. Je pense que là, vraiment, on le sent très, très fort ici. T’avais 8 minutes pour sketcher quelque chose et au final, on retrouve cette simplicité dans cette vue qu’on a dans Yuh App. Si je vous montre ici en bas, on a vraiment ces 3 onglets ici et qu’on retrouve ici en termes de d’esquisse. Donc parfois, c’est très, très bien, de pas trop complexifier.

Design Sprint Crazy 8 - Yuh bank

Jour 3 - Décider et s'aligner sur les meilleurs concepts

Donc là, une fois qu’on a chacun a imaginé ces solutions, on se retrouve en jour 3 avec toutes les solutions qui sont affichées au mur qu’on voit ici. J’essaie de trouver une photo qui est pas trop mauvaise. Donc, est-ce que tu te souviens de cette partie là? Ces mots éclairs et sketchs?

Jose Rosa : Oui, il y en avait. Il y avait des super bonnes idées qu’on voulait qu’on voulait faire. Mais il y avait surtout ce qu’on voulait trouver c’était cette espèce de killer feature donc à tout le monde essayait de trouver les killer features, il y avait tellement de bonnes idées qu’au final, on se retrouve avec une panoplie d’idées qu’on va pouvoir peut-être utiliser pour la suite. C’est vraiment un générateur d’idées et de bonnes idées, pas que des idées mais des super bonnes idées parce que tout le monde était impliqué. Ils comprenaient exactement ce que ça faisait.

Steph Cruchon : Oui, c’est ça, c’est pas juste, mettre des idées sur un post-it, c’est quand même des choses assez assez poussées. À ce stade là, on a eu deux jours pour réfléchir à nos concepts. Je pense aussi ce qui est important à comprendre, c’est que on ne va pas se concerter quand on va créer des idées. Chaque personne dans son truc et il y a peut être une vision un peu différente, mais au final, ça, ça amène de la richesse. Là, on voit au mur. En effet, c’est tout ça. C’est des idées qui peuvent devenir des features. Et c’est ce qui fait aussi, je pense, beaucoup de la qualité du design sprint . C’est cette qualité de ce qui peut en sortir de ces idées. Donc là, on voit Paolo extrêmement convaincu, il était enthousiaste. Là, on arrive au processus. Finalement, on découvre les idées de tout le monde, mais après, on vote. C’est quelque chose d’assez important aussi. Et voilà, c’est ce que vous voyez ici, avec ces points verts et ces points rouges. Et là, on voit que là, on arrive vers des concepts qui ont été justement retenus et validés.

Design Sprint - Solution Sketches Yuh bank

Le Storyboard, les fondations du prototype

Et du coup, c’est ça qu’on a après prototypé. Et puis, les dernières photos ont fait Sprint du workshop, Là, on arrive à ce que j’appellerais un peu… Là, on est vraiment dans une war room. On était limite à la NASA, explique José José ce qu’on voit ici.

Jose Rosa : Alors là, en fait c’est ce que tu dis, c’est la war room? Pourquoi ? parce qu’on a déjà fait le pitch. Le concept, il avait été validé, les grands concepts. Et maintenant, c’était aller dans les détails. Alors si tu veux vraiment faire ça comme comment tu le fais et donc on doit bien convaincre un peu la personne qui est là du côté technique, dire : écoute cette idée là, elle est très bien. Alors la partie, comment on va la faire? Moi, je sais pas le faire, mais toi aide moi et toi, tu dois l’expliquer et la partie sketching, comment on fait les premiers écrans pour après passer ensuite à la partie ordinateur. Donc là, il ne faut pas qu’on sorte de cette salle sans que ce soit clair que ça,c’est l’idée faisable. Sinon, on ne va pas pouvoir avancer du tout.

Steph Cruchon : C’est ce qui s’appelle le story board dans un design sprint t. C’est une partie compliquée en général à mener. Et puis, il y a beaucoup de gens qui sont dans des fonctions de décisionnaires, qui ont l’habitude de travailler dans PowerPoint, de mettre des bullet points, de valider des chiffres ou des choses comme ça. Mais là, on est vraiment dans le concret, dans le dur. C’est à dire qu’il faut passer d’une vision à un produit tangible, un produit qui va ensuite après être développé. C’est une partie très, très compliquée et là, je pense qu’une fois de plus, on voit que l’espace nous a beaucoup aidé parce que tu peux dessiner ce que tu as en tête sur un whiteboard. Je me souviens, il y avait des profils dans la salle qui étaient beaucoup plus critiques, donc on dessinait un truc puis 2 secondes après, ils prenaient le chiffon et effaçaient. Maintenant, il faut faire comme ça. C’est ça qui est génial. C’est ce travail vraiment d’itération qui va très, très vite. En fait, au début, tu es là. Tu es un peu perdu. On voit que le truc qui commence à prendre corps. On était trois groupes. Toi, je crois sur la page d’accueil. Moi, j’étais sur un autre groupe, etc. Puis vu qu’on était dans le même espace, on allait voir ce que les autres groupes ont. Il y avait de l’énergie de fou, vraiment dans cette salle. Je crois vraiment que c’est là que l’app est née et on a commencé à mettre toutes les pièces ensemble. Et puis, c’est génial parce que tu travailles avec des gens qui sont des gens du produit ou là on voit Nicolas, c’est un développeur. On a tous un assez bon niveau d’abstraction, même si ça s’est dessiné en trois coups de crayon sur un whiteboard. Vu que ça fait plusieurs jours qu’on était ensemble, on sait comment ça va être réalisé, etc. On peut vraiment parler de choses très précises avec des dessins très simples. Je crois vraiment que c’est la puissance du truc. D’ailleurs, on peut dire que José tu as littéralement fini à genoux.

Design Sprint Storyboard

Jose Rosa : C’est clair, il fallait convaincre les deux grands, Jan et Fabio qui était la personne qui allait s’occuper vraiment de la faisabilité, d’une partie infrastructures. Ça, c’était décrire comment tu vas faire ça? Et là, il fallait que je me mette presque à genoux pour expliquer l’idée et faire ce pitch.

Steph Cruchon : Elle est belle, cette photo là. On voit vraiment vraiment toute la war room à la fin du Sprint avec tous les post-it, etc. Et finalement, le résultat final tient dans ça, dans ces quelques écrans qui sont très, très bien pensés et franchement, à la sortie de ça, on avait déjà une très, très bonne idée de ce à quoi ressemblait le produit.

Design Sprint Storyboard

Prototype et tests sur le public cible

Alors peut être je vais fermer mes slides et puis José, si tu veux bien nous expliquer la suite. Comment tu as repris après et comment ça s’est passé ces mois qui ont suivi ce premier sprint? Et puis surtout, qu’est ce qui a conduit à la création de Yuh App au final? Parce qu’à l’époque, le nom, on l’avait pas. On a vraiment travaillé sur un produit.

Jose Rosa : Exactement, le nom est arrivé après la suite, c’était après le design sprint on aurait encore 5 jours supplémentaires pour mettre ça dans un prototype. Donc là, on a travaillé main dans la main avec Marina et Young, donc on était les trois dans une salle. Moi, je m’occupais de la partie branding, le UI et le lien entre l’idée que j’avais et ce qu’elle était en train de développer parce qu’il y avait beaucoup de choses. Déjà, c’était des super designer qui désignaient super vite. Donc il faut répondre à leurs questions et en même temps, être en train de faire l’avenir de ce produit. On a construit rapidement, on a été validé les idées aussi auprès des utilisateurs, on a été à Zurich, pour ces écrans clés, on avait beaucoup de feedback et au fur et à mesure, nos stakeholders principaux, on leur faisait des présentations. Donc, on se disait que cette partie investissement elle va bien ou elle marchait, la partie overview, qu’est ce qui est complexe? Qu’est ce qui n’est pas complexe? Est ce que l’idée générale est bonne? Et là, quand on a fini ce premier prototype, quand on a été à Zurich, je crois qu’il y avait 6 ou 7 personnes déjà, il y avait des personnes qui se demandaient : Est ce que c’est vraiment vrai? Ça va exister ? Donc c’était hyper cool.

Design Sprint Yuh dream team

Les semaines qui ont suivi le design sprint

Donc on était là : Il y a déjà un bon feeling, donc ensuite on a pris ça et on a travaillé sur le nom On a travaillé ensemble avec Jan et il y a eu pas mal de discussions. Parce que Yuh App c’était quoi? C’était vraiment une app pour la personne. Donc, c’est pour toi. Donc tu vas pouvoir l’utiliser. Il y avait cette idée du Tone of Voice, qui serait plus proche de la cible. Tu peux le faire, tu peux l’utiliser, tout le monde peut l’utiliser. Et ensuite, on a travaillé avec deux grandes agences pour voir. On a fait un pitch parce que les ressources sont finies dans une entreprise et on a plein de projets. Il n’y en avait pas que celui-là, mais on a travaillé avec une grande agence qui s’appelle Nomenta pour nous aider vraiment à amener le User Experience et UI à un niveau encore supérieur. Et donc, on a développé le branding de cette partie. Le logo est parti de chez moi, le logo, le design de la carte, l’idée du handibooking, donc, c’était vraiment très, très, très bien. Et après, il y avait tout le monde qui travaillait sur L’infra. Et ça, c’était un travail hallucinant.

Scaler le projet et l'équipe, tout en conservant l'énergie

Steph Cruchon : C’est ça qui est fou. Parce que quand tu démarres un projet et puis tu es dans un design sprint, t’as au départ quelques personnes. C’est hyper fragile tout ça. C’est ton projet, Il suffit qu’il y ait une personne qui dise un mauvais commentaire pendant le test utilisateur puis ton projet, tu vas l’arrêter ou tu vas faire pivoter, tout ça, c’est hyper fragile, puis nous quand on transmet le projet, c’est encore des braises un peu fumantes, mais après, il fallait souffler sur ce feu et après c’est dingue l’ampleur que ça prend. Parce que vous avez été combien à travailler au final, sur ce projet là, sur ce produit?

Jose Rosa : Je pense que plus de 100 personnes, c’est 100 personnes.

Steph Cruchon : C’est ça qu’on comprend vraiment. l’Impact, c’est ça, c’est ce qui se décide dans une salle, etc. Au final, c’est développé par 100 personnes.

Jose Rosa : Oui, il faut motiver les personnes pour à chaque fois leur donner un peu la vision où ça en était à un moment donné du projet et déjà, rien que les développeurs c’est dire, on va faire une superbe app qui va probablement grandir. On a toujours réussi l’exploit parce qu’on n’était pas au mode: On va faire juste ça. Non, c’était : on croit à ce produit et on pense qu’il est bien. Il est super bien, on était toujours excités et encore aujourd’hui, on est super excités. Donc ça a excité beaucoup de gens et beaucoup de personnes aussi fatiguées parce que c’est un projet qui a tiré tout le monde et toutes les sources pour qu’on ait une date précise de sortie et à chaque fois, on rajoutait une chose ou enlevait une chose. Donc, encore aujourd’hui et je crois que les personnes rêvent de Yuh la nuit. Et ça vient de commencer.

Steph Cruchon : C’est cool, c’est incroyable. En fait, si tu réfléchis, comment tu as géré cette transition après le design sprint ? Est ce que pour toi, le parcours, il était tracé dans ta tête? Tu savais un peu les jalons et au niveau du timing, comment ça allait se passer? Ou est-ce que finalement, tu t’es laissé porter? Vous avez juste fait en sorte d’aller vite à l’exécution ? Comment vous avez planifié ça?

Jose Rosa : Là, pour être honnête, on a fait vite, pour aller droit à l’exécution. On savait qu’il fallait pitcher déjà une agence pour nous aider avec la partie UI et soutenir l’équipe en termes de product design, c’est vraiment tous les User. Du coup, on s’est mis ensemble pour faire ça et on savait que la première grande pierre, c’était à quoi va ressembler vraiment les UI. Et ça, c’était 3 jours très intenses où je suis allé à Bristol. Je me suis levé très tôt pour aller à Bristol et on avait des séances… Je ne sais pas si on peut appeler ça un maxi sprint mais c’était en trois jours à chaque deux heures on travaillait à fond et on présentait et on travaillait deux heures et on présentait pour arriver a vraiment un bon pitch. Et à la fin du premier jour, il fallait rassurer les stakeholders. Donc, Jan déjà, et après Paolo et des photos tout le temps des Whatsapp vraiment dedans, la flexibilité totale, tout ce qui sortait, c’était comme ça.

Steph Cruchon : C’est ça. Mais je crois que pour développer un produit maintenant, tu dois être hyper rapide, bien sûr, mais aussi hyper transparente sur tout le processus. Montrer, montrer et montrer des choses tout le temps, c’est aussi un peu la puissance du design sprint , c’est que tu sors du truc. T’as déjà des maquettes, des prototypes à montrer. Parce qu’en fait, si tu fais que de rassurer tout le temps les gens que oui, ça va quelque part. Oui, on avance. Oui, l’argent est bien investi et c’est intéressant de voir que tu as gardé cette logique sur tout le projet. Mais c’était obligé parce qu’autrement, le produit ne sort pas. Il suffit d’une personne qui vient et qui donne des critiques négatives ou qui dit oui, mais vous êtes sûr que le budget est bien investi et tout ça, ça peut s’arrêter très, très, très, très rapidement. C’est beaucoup plus simple de faire arrêter un projet que de le faire continuer. Donc ça, c’est vraiment, vraiment super.

Quel a été l'impact du design sprint?

Steph Cruchon: Où est ce que tu penses que le projet en serait maintenant si vous aviez pas fait le design sprint ?Jose Rosa : Ouh... alors, je pense que déjà, ça aurait été très difficile de rassembler tout le monde dans une salle et à avoir accès aux buying de départ, je pense que ça serait très long, j'imagine, parce que la puissance du design sprint , c'était celle là, que le monde soit à cet endroit là, au même endroit et à expliquer sa vision et comment ils voulaient avancer. Et comme tu dis, rassurer et je pense que sans le design sprint, à ce moment là précis, parce que c'est comme si toutes les constellations se disaient que ce produit là, il devrait être ce jour là, ils étaient là. Parce qu'ils avaient aussi déjà vu la valeur d'un autre design sprint ce jour-là, le premier a parlé et ils ont vu que ça pourrait aller rapidement. Aujourd'hui, je pense qu'on en serait encore peut être en train de tâter le terrain.Steph Cruchon : En train d'analyser Revolut comment ils font...

Le role de Postfinance

On n’a pas parlé du rôle de Postfinance, donc ils n’étaient pas avec nous dans ce premier sprint. Ils sont venus plus tard. Comment ça s’est passé, justement? L’intégration de Postfinance dans ce projet. Comment vous est arrivé à co-créer ce produit ensemble ?

Jose Rosa : Après avec PostFinance, ce qui était intéressant, c’était quand on leur a présenté le projet et ils avaient une idée déjà de vouloir aussi challenger le marché. Donc, quand Marc est allé voir le CEO de La Poste et ils ont été séduits par le projet et ensuite, il y a eu pas mal d’allers retours, de discussions avec des gens qui allaient intégrer le projet par la suite.

Quel est le futur de Yuh App?

Steph Cruchon : Génial. Du coup, c’est quoi, le futur de Yuh App? Tu peux déjà nous révéler quelques idées sur lesquelles vous travaillez ou comment ça va évoluer tout ça?

Jose Rosa : Alors Yuh App va évoluer dans une façon, où il faut que le produit soit toujours très utile pour les personnes. Donc ça, c’est la base du produit. C’est quand on veut qu’il soit utile et qu’il soit adopté. Ça, c’est le rêve de tout le monde. Mais nous, on va travailler vraiment dans ce sens-là. Et pour ça, on a une grande équipe déjà Customer care qui est en place pour répondre à tout ce qui se passe, qui ne passe pas. Et après, comme Swissquote aime bien explorer la technologie, on va travailler dans un sens ou l’onboarding, on veut vraiment qu’il soit sécurisé, mais en même temps qu’il soit simple et efficace. Les banques qui est derrière Yuh App, donc à la vision des choses qui sont très spécifiques et Il faut suivre la réglementation. Par contre, on peut travailler avec le régulateur pour voir ce qui est possible et montrer à quel moment et comment.

Steph Cruchon : Je dois dire que l’onboarding, il est deja assez incroyable. J’ai réinstallé Revolut il y a quelques il y a quelques semaines, et Yuh App, je l’ai installé maintenant il y a une semaine. Et franchement, c’est aussi rapide que Revolut, ce qui n’est pas rien.

Jose Rosa : Tout le processus est super rapide, mais après, il y a des choses, par exemple ton premier Cashing, tu dois faire un dépôt d’une banque qui garantisse que ça vient bien d’une banque, mais à un moment donné? Si Yuh App veut être la première banque d’où tu verse ton argent ? voilà la question. Donc, il faut vraiment voir comment ce processus peut être la plus simplifiée possible, mais sécurisée en même temps. Il ne faut pas oublier la sécurité et la transparence. Et ça, c’est là où on va aller. Après, en termes d’investissement, il y a tout ce monde d’investissement. On a les grands stocks, des grandes marques, on pense qu’il y a pas un nom dedans. Après les marques ou des petites marques qui ont spéculer là dedans, ça, on ne voulait pas donner ça tout de suite parce que ce n’était pas ça le but. Donc il fallait qu’on soit dedans.

Steph Cruchon : C’est ça qui est cool dans Yuh App. C’est qu’en fait, on va pouvoir trader des marques connues. Typiquement, si je cherche Nike, je vais pouvoir trader Nike, avec le petit logo, etc. Quelque chose de vraiment rassurant. On sait ce qu’on trade, je crois vraiment par rapport à plein d’autres apps, même Swissquote, des fois c’est des certificats avec des noms bizarres. Là, tout ça, c’est hyper hyper clair. Génial. Ben voilà, je crois qu’on est au bout de cette heure ensemble, c’était génial. Génial de t’avoir. Merci infiniment. Je souhaite vraiment longue vie à Yuh App.

Comment s'est passé le lancement de Yuh App?

Est ce que tu es content de la réception? Pour l’instant, au niveau du lancement, ça s’est passé comme vous voulez ?

Jose Rosa : Alors ça s’est passé très, très, très, très bien. Et je peux vous dire qu’il y a en terme d’onboarding, on a dépassé les 10 000 subscribers en moins de deux semaines, donc… Et parce que je pense que c’est exactement ça. La presse l’attendait, on a vraiment eu très bonne presse et pour l’instant, il n’y a rien de négatif. Il y a des points à améliorer, c’est clair, ce n’est pas dire que l’app, elle est la parfaite et c’est jamais ça le but, c’est que l’app soit dehors, que les gens l’utilisent et qu’ils nous donnent notre feedback. Mais là, on est au top là.

Steph Cruchon : Génial. où est ce qu’on est ce qu’on trouve le produit ou est ce qu’on installe Yuh App?

Jose Rosa : Appstore, tu cherches Yuh , vas le trouver. Tu peux aller aussi visiter le site Yuh.com et là, tu as toutes les informations par rapport au produit, comment ça fonctionne et tout ça. Et ensuite sur Android aussi, tu peux aller sur Google Play et aller chercher et downloadez parce que c’est génial et il y a les referrals dedans. Ça vous fait gagner des choses.

Steph Cruchon : C’est vrai, je dois dire. Une chose aussi, le pricing que j’aime beaucoup, c’est que c’est super transparent. C’est super clair. On sait ce qu’on achète, on a des conditions et tout ça. Donc, en tout cas, félicitations. Vraiment du fond du cœur de voir ce que tu as réussi à faire grâce à ce produit, avec toutes les équipes, bien sûr et tout ça. Mais ça fait vraiment plaisir de voir partir dans les esprits où vous êtes arrivé et je vous souhaite vraiment longue vie et bonne suite.

Jose Rosa : Merci beaucoup, Steph, merci infiniment. Et à bientôt.